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Après les attentats sanglants des frères Kouachi et Amédy Coulibaly, la police et la justice s'intéressent de près à ceux qui se livrent à l’apologie du terrorisme.

La récente loi du 13 novembre 2014 prévoit que le fait de faire publiquement l'apologie des actes de terrorisme est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende.

Internet est désormais considéré comme un fait aggravant. L’article 421-2-5 du Code pénal prévoit que la propagation de messages sur Internet porte les peines à sept ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende.

Dans le collimateur de la justice, des inconnus et un provocateur célèbre : Dieudonné qui a écrit sur sa page Facebook le poste suivant (effacé depuis) :

Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé des propos "abjects qui témoignent d'une irresponsabilité, d'un irrespect et d'une propension à attiser la haine et la division tout simplement insupportables".

Une enquête a été ouverte lundi à son encontre par le parquet de Paris pour apologie du terrorisme.

Un autre utilisateur de Facebook a comparu lundi à Strasbourg pour "apologie par voie électronique d'un crime en relation avec une action terroriste". L’homme a publié sur sa page une photo avec une kalachnikov à terre accompagnée de mots de réjouissance après l’attentat contre Charlie Hebdo.

D’autres, ont choisi la provocation directe, en personne. A Nice, c'est pour avoir lancé par deux fois à des policiers "100% Kouachi !".

A Lyon , où plusieurs hommes ont été interpellés et placés en garde à vue depuis mercredi pour "apologie d'acte de terrorisme" après avoir insulté des représentants des forces de l'ordre aux cris de "Vive les assassins de la police" pour l’un, "allah Akbar, déjà deux morts chez vous, allez-vous faire enc... fils de p..., c'est bien fait pour vous", pour le deuxième et "Toi aussi tu aurais mérité de te prendre une balle dans la tête" pour le dernier.

A Toulouse , lundi, un jeune homme de 21 ans a été condamné à 10 mois de prison ferme pour "apologie publique d'actes de terrorisme", après avoir proclamé, dans le tramway "Les frères Kouachi, c'est que le début, j'aurais dû être avec eux pour tuer plus de monde".

Le procureur Patrice Michel a expliqué :

Nous avons appliqué pour la première fois la loi du 14 novembre 2014 renforçant les dispositions de lutte contre le terrorisme", elle doit se mener à tous les niveaux, c'est l'affaire des citoyens mais aussi des magistrats, il ne faut pas reculer d'un centimètre.

Un autre prévenu a été condamné à 10 mois ferme et emprisonné pour "violences" sur agent, "outrages", "provocation à la haine", "menaces de mort". Un troisième homme a été condamné à trois mois ferme avec mandat de dépôt pour "violences" volontaires sur fonctionnaire de police et "menaces", lui qui était notamment accusé d'avoir crié qu'il voulait "faire le jihad" et tuer les agents "à la kalach".

AValenciennes , quatre ans de prison pour des propos faisant "l'apologie des actes de terrorisme" : "Il devrait y en avoir plus des Kouachi. J'espère que vous serez les prochains (...) Vous êtes du pain béni pour les terroristes", a lancé notamment l'homme aux policiers venus l'arrêter après un accident de la route.

La série n'est pas terminée puisqu'à Nice et à Grasse des procès, pour les mêmes motifs, ont été renvoyé d'un mois.

Sur Twitter , enfin, plusieurs internautes ont posté des messages "potentiellement condamnables pénalement ou faisant l'apologie de l'attentat" et risquent donc de retrouver également bientôt au tribunal. 3 721 messages ont été recensés sur les réseaux sociaux depuis les attentats notamment via la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) qui permet de signaler un contenu a priori illicite.

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