Alors que le groupe État islamique a revendiqué dimanche soir l'attaque meurtrière de la gare de Marseille, la justice française émet des doutes à ce stade de l'enquête.

Selon des témoins, l'assaillant de la gare Saint-Charles a crié "Allah Akbar" avant de blesser mortellement deux passantes et d'être abattu.
Selon des témoins, l'assaillant de la gare Saint-Charles a crié "Allah Akbar" avant de blesser mortellement deux passantes et d'être abattu. © AFP / BERTRAND LANGLOIS

L'attaque au couteau perpétrée dimanche sur le parvis de la gare Saint-Charles, à Marseille, a été revendiquée dans la soirée par l'organisation terroriste État islamique, par l'intermédiaire de son agence de propagande Amaq.

Pour autrant, si le procureur de Paris François Molins a confirmé que l'homme avait été arrêté sept fois sous sept identités différentes depuis 2007, il n'a jamais été condamné et n'est pas connu des services anti-terroristes.

A ce stade aucun lien n'a été découvert entre le tueur et l'organisation terroriste.

A Marseille, l'enquête se poursuit après la mort de deux femmes, deux cousines de 20 ans qui ont été mortellement blessées par l'arme blanche . Une dizaine de témoins ont été entendus. Ils rapportent avoir entendu l'agresseur crier "Allah Akbar" avant de porter les coups.

Selon de premiers éléments de l'enquête, l'agresseur est de nationalité tunisienne. Faute de papiers d'identité, il a été identifié grâce à ses empreintes digitales. L'homme était connu des services de police pour diverses infractions de droit commun : infractions sur la législation au droit des étrangers, vol à l'étalage, port d'arme prohibé, notamment. Le fait le plus ancien recensé le concernant remonte à 2005, selon une source proche de l'enquête.

Il a été rapidement abattu par des militaires de l'opération Sentinelle, après les sommations. Sa véritable identité n'a toujours pas été établie, les policiers ont parlé un temps d'un algérien en situation irrégulière, avant d'envisager une nationalité tunisienne.

Comportement "étrange"

Mais le caractère terroriste de l'attaque n'est pas confirmé. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, présent sur place en fin d'après-midi, a souligné des incohérences dans le comportement "étrange" du meurtrier :

[Il] commence par commettre [son] crime sur une première personne, s'enfuit, puis revient sur ses pas pour tuer la seconde personne.

Le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a quant à lui moins de doute. Pour lui, "c'est un attentat".

Pour l'heure, une enquête a été ouverte pour "assassinats" et "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique".

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