Au bout de cinq semaines d'audience, c'est l'heure du verdict aujourd'hui, au procès Merah. Les deux accusés, Abdelkader Merah et Fettah Malki, prononceront leurs derniers mots ce matin, avant que la cour d'assises spéciale ne se retire pour délibérer.

La cour d'assises de Paris dira jeudi si Abdelkader Merah est complice ou non des attentats perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban.
La cour d'assises de Paris dira jeudi si Abdelkader Merah est complice ou non des attentats perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban. © Maxppp / Le Pictorium / Sadak Souici

Abdelkader Merah et Fettah Malki auront une dernière fois la parole à 9h30, ce jeudi matin, pour leurs derniers mots, s’ils veulent en prononcer face à la cour. 

Puis les cinq magistrats professionnels qui composent cette cour d’assises spéciale se retireront pour répondre à plus de 80 questions. Deux tiers de ces questions portent sur la culpabilité ou pas d’Abdelkader Merah, accusé de complicité des sept assassinats commis par son petit frère Mohamed, entre le 11 mars et le 19 mars 2012, à Toulouse et à Montauban. 

Il est accusé d'être complice du vol du scooter T-Max (qu'il avait avoué spontanément aux policiers après la mort de son frère sous les balles du RAID) et de l'achat d'un blouson de moto ; c’est pour cette complicité d’assassinats qu’Abdelkader Merah risque la réclusion criminelle à perpétuité. 

Un verdict motivé

Mais il est aussi poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, une infraction "fourre-tout, poubelle" tempêtait Me Dupond-Moretti dans sa plaidoirie. Pour cette infraction-là, il encourt vingt ans d'emprisonnement, comme Fettah Malki, l'ami d'enfance, accusé notamment d’avoir vendu le pistolet-mitrailleur qui s’est enrayé devant l’école juive Ozar Hatorah. 

Les juges trancheront avec leur intime conviction, même s’ils manquent de preuve. Ils devront en tout cas motiver leur verdict, ce qui prendra des heures. Des heures, éprouvantes pour les familles de victimes, qui ont encore du mal à se remettre des acquittements plaidés par les avocats de la défense. "J'ai confiance en la justice", dit Latifa Ibn Ziaten, la mère du premier soldat tué par Mohamed Merah.

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