Pédophilie : le cardinal Barbarin accusé de silence
Pédophilie : le cardinal Barbarin accusé de silence © Reuters / Robert Pratta

La justice a condamné à deux ans de prison avec sursis le père Guy Gérentet de Saluneaux, 81 ans, pour des agressions sexuelles sur huit fillettes entre 1989 et 2000 à Lyon. Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, est une fois de plus accusé de silence.

Alors que l'affaire Bernard Preynat secoue l'Eglise, une autre affaire, cette fois-ci passée en justice en février dernier, ressurgit. Guy Gérentet de Saluneaux, membre des milieux les plus traditionalistes de l'Église, militant anti-avortement actif, a longtemps exercé au sein de la paroisse de la Trinité (8e arrondissement) avant d'en être écarté vers 2001. A cette époque, une jeune fille l'a accusé de maltraitance.

Dénoncé par un autre religieux

Neuf ans plus tard, il est rattrapé par la justice lyonnaise. Il est mis en examen le 23 septembre 2010. C'est un autre religieux, confident de l'amie d'une victime, qui a mis le parquet et les policiers de la Brigade de la protection de la famille sur sa piste grâce au courrier d'un autre religieux.

Comme le père Bernard Preynat, mis en examen fin janvier pour des agressions commises sur des scouts il y a plus de 25 ans, Guy Gérentet de Saluneaux, qui s'occupait du catéchisme à la Trinité, est décrit comme un homme jouissant d'une grande autorité morale, bénéficiant du soutien inconditionnel de ses ouailles.

En rupture de ban dès les années 1970 avec la congrégation des Maristes à laquelle il appartenait, le "père Guy" a été renvoyé de l'état clérical en septembre 2012, une des sanctions les plus graves au sein de l'Eglise puisque le prêtre se voit ainsi "réduit à l'état laïc".

Le cardinal Barbarin en première ligne

Après avoir reconnu en garde à vue son"attirance sexuelle pour les enfants" , Guy Gérentet de Saluneaux a évoqué, lors de son procès, des "erreurs de pédagogie".

En 2003-2004, une autre victime contacte le cardinal Philippe Barbarin, déjà en poste à Lyon, qui la reçoit à plusieurs reprises. Il rencontre aussi le prêtre mis en cause, qui admet l'agression sexuelle mais parle d'un "cas unique".

Entendu comme témoin en juin 2010 dans cette affaire, l'archevêque a expliqué avoir alors présenté le père Gérentet à une psychologue. Mgr Barbarin lui a renouvelé l'interdiction de tout ministère public dans le diocèse décidée en 2001 par son prédécesseur, le cardinal Billé.

Le mis en cause demeurant dans un village des Monts du Lyonnais abritant une école intégriste, le cardinal indique aussi avoir interdit à son directeur de l'engager, sans savoir toutefois s'il a été "écouté".

Mais le cardinal Barbarin n'a pas alerté la justice de lui-même.

Une autre enquête rouverte, après avoir été classée sans suite

Le parquet de Lyon a également rouvert une enquête pour des faits de pédophilie présumés visant un autreprêtre du diocèse de Lyon, déjà secoué par une affaire d'agressions sexuelles.C'est un prêtre du deuxième arrondissement de la ville qui est visé. Une information révélée par le site internet M6info.Une trentenaire avait dénoncé à la justice en 2006 des attouchements sexuels qui seraient survenus en 1995 mais aucune poursuite n'avait été engagée.Le prêtre dément, mais face au retentissement de l'affaire Preynat, la plaignante s'est à nouveau manifestée auprès de la justice qui va relancerdes investigations, indique-t-on de même source.

L'archévêché de Lyon a été perquisitionné mercredi dans le cadre de l'enquête préliminaire pour "non dénonciationd'atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et mise en péril d'autrui" qui vise notamment le cardinal Barbarin

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