A l’image de la brochette de prévenus en costume sombre, il est un homme avec pedigree. Un nom à particule tout d’abord : Patrice de Maistre. Un CV sympathique ensuite : des études de gestion, un examen d’expert-comptable. Puis une flopée de cabinets, toujours plus gros, toujours plus rentables. « En 1997, nous avions 250 personnes, nous faisions un chiffre de 30 millions d’euros », explique-t-il à la barre.

Mais sous le costume, la haute stature, l’émotion est à fleur de peau. Pas les emportements d’un François-Marie Banier, mais les larmes d’un homme de 65 ans lorsqu’il évoque sa famille : « j’ai trois enfants que j’aime et qui m’aiment et qui me soutiennent ».

A tel point que le président lui propose de s’asseoir. « Je suis désolé de ce spectacle. C’est l’émotion, ça va passer » s’excuse Patrice de Maistre, tout en restant debout à la barre. Son épouse, dans la salle depuis l’ouverture du procès, lui fait passer un petit mot, via son avocat.

Et l’homme se reprend. Il est question de Thetys et Clymène, les deux sociétés chargées de gérer les dividendes de L’Oréal pour la famille Bettencourt. Il est question de gros sous aussi : 220 millions d’euros annuels de dividendes.

« Avez-vous un compte en Suisse ? », interroge alors le président. « J’ai eu un compte que j’ai fermé. Ce n’était pas un compte déclaré, il y avait à peu près 500 000 euros dessus. » « Pourquoi l’avez-vous fermé en 1999 ? » Nouveau sanglot : « j’ai pensé que c’était bien de le fermer ».

Tout compte(s) fait(s), chez Patrice de Maistre, l’éthique a peut-être repris le dessus.

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