Quand on les croise à l’extérieur du palais de justice de Bordeaux, ils forment un couple de personnes âgées comme tant d’autres. De ces couples toujours complices avec le temps qu’on regarde en souriant. De ces couples dont on se dit parfois qu’on aimerait leur ressembler le jour venu.

Mais en ce moment, on les croise aussi à l’intérieur de la salle d’audience. Car lui est prévenu et elle l’accompagne. Depuis cinq semaines, madame Normand, épouse d’un des notaires renvoyés pour abus de faiblesse, assiste au débats. Parfois, l’un de ses fils est là. Venu, lui aussi, soutenir l’homme de 80 ans qui a signé des actes en se disant parfois que « c’était une connerie ».

Mais la plupart du temps, madame Normand est seule. Alors elle se penche sur son cahier. Pour prendre des notes. Un peu comme l’épouse de Patrice de Maistre qui noircit, page après page, audience après audience.

Au fil des jours, madame Normand a pris ses marques, comme nous tous, acteurs ou spectateurs de ce long procès. On lui garde une place le matin. Elle se glisse parfois un peu plus en avant, lorsqu’un avocat est absent. Et puis, désormais, elle vient avec ses aquarelles.

Car madame Normand peint. Les prévenus, les avocats, le public parfois … Autant de gens qui viennent, souvent, jeter un œil aux suspensions d’audience et feuilleter son petit carnet à dessins. Des dessins qui deviendront les archives d’un procès peu commun.

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