Dans une longue plaidoirie – ce dont il s’excuse à plusieurs reprises - Me Pierre Cornut-Gentille a voulu défendre la relaxe de François-Marie Banier, mais aussi l’homme. Celui qui dit-il, est devenu un ami, bien loin du gourou décrit pas les parties adverses.

Contre François-Marie Banier, le procureur a requis la peine maximale au motif qu’il avait séparé une fille de sa mère. Rien n’est plus faux. Peut-on soutenir sérieusement que Mme Bettencourt aurait été isolée par lui, par quiconque ? Quels sont les éléments tangibles sur lesquels vous pouvez vous appuyez ?

C’est répété à satiété par les témoins : « gourou », « manipulateur ». On leur a appris qu’il fallait dire ça. Mme Lavarini [communicante des Bettencourt] a bien fait son boulot. Et si on demande à Mme Djenane [femme de chambre] « mais pourquoi dites vous manipulateur ? » Il a emmené un jour les Bettencourt voir une pièce de Tchekov. Pourquoi dites-vous cela ? Parce qu’avait ils n’allaient jamais au théâtre.

Liliane Bettencourt était-elle dans un état d’assujettissement psychologique vis-à-vis de François-Marie Banier. Certains disent qu’il s’allongeait sur le lit de la chambre à coucher avec ses chaussures. Alain Thurin est payé 18 000 euros par mois pour s’assurer que le thé de Mme Bettencourt ne refroidisse pas. Alors ca lui paraît impossible qu’un type qui reçoit 200 000 millions boive son chocolat chaud sans s’en rendre compte. C’est ça l’emprise ?

(…) Jamais Liliane Bettencourt n’a été isolée ni de la famille Meyers, ni de quiconque. C’est encore une fable. Elles ne savaient pas se parler. Elles n’ont pas trouvé le moyen de se parler. Mais en quoi est-il responsable ? En 2009, pendant 6 mois il n’est pas au contact de Liliane Bettencourt. Comment peut-il l’avoir enfermée ?

C’est un travailleur fou. Je vous demande simplement de constater qu’il publie deux romans pendant la période prévention. C’est 8000 photos par mois, qu’il faut ensuite travailler, classer. A quel moment l’éloigne-t-il de sa fille ? A quel moment la séquestre-t-il ?

Jamais elle n’a ralenti son activité, jamais elle n’a réduit ou diminué ses relations avec ses vieilles copines.

Depuis 1997 à 2009, c’est 200 millions de donations, pas 1 milliard, pas 500 millions. C’est énorme, c’est dix fois trop, c’est totalement injustifé. Mais qu’est-ce que c’est que cette somme pour Mme Bettencourt ? Mais c’est rien. C’est choquant, mais on est à ce niveau de fortune, on n’est plus chez les gens riches. On est chez ces gens qui vivent des intérêts de leurs intérêts. On est dans l’entreprise de France qui a eu la croissance la plus grande.

Qui est Liliane Bettencourt ? Est-ce que c’est la midinette énamourée à qui il suffit d’écrire trois lettres pour qu’elle tombe dans les filets de ce diable ? Pendant longtemps, elle n’a pas été reconnue pour elle-même. Elle est d’abord la fille d’Eugène Schueller. Ensuite, elle se marie, très tôt. Et là, elle est pendant des années la femme d’André Bettencourt. Elle est ensuite la femme la plus riche de France, l’héritière de L’Oréal. C’est-à-dire que toute sa vie, elle est considérée comme une femme exceptionnelle, mais pas pour elle-même. Et il faut dire ce qu’est le huis-clos des Bettencourt. C’est un carcan terrible, des contraintes, des non-dits, des secrets très lourds. Et voilà que déboule dans sa vie, un fou, un demi-fou qui s’appelle François-Marie Banier. Il la reconnaît enfin pour ce qu’elle est. Ils ont des points communs. Ils aiment rire, faire sauter les conventions. Je vais reprendre ce que Liliane Bettencourt elle-même dit de lui, dans une interview télévisée : « on peut faire des erreurs, mais est-ce qu’on fait l’erreur d’être trop généreux ?

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