Premier pays touché par les attentats djihadistes en 2004, l'Espagne a multiplié depuis 13 ans des coopérations bilatérales poussées avec les autres pays européens.

La structuration d'Europol telle qu'on la connaît aujourd'hui doit beaucoup aux actions de Madrid après les attentats de 2004 (photo d'illustration)
La structuration d'Europol telle qu'on la connaît aujourd'hui doit beaucoup aux actions de Madrid après les attentats de 2004 (photo d'illustration) © AFP / THOMAS SAMSON

Touché jeudi après-midi et dans la nuit par plusieurs attaques terroristes, la Catalogne est parfois pointée du doigt comme terreau djihadiste. L'Espagne est pourtant le pays européen le plus actif en matière de coopération bilatérale contre le terrorisme. Depuis les attentats de Madrid en 2004, le pays n'a cessé de multiplié les actions et les rencontres avec les autres pays européens touchés à leur tour par le terrorisme.

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Une volonté qui a abouti à une structuration plus poussée des institutions européennes telles qu'Europol ou encore Eurojust et des interlocuteurs uniques ou encore un parquet antiterroriste réactif, capable de répondre sous trois jours à des demandes d'entraide judiciaire.

Contacts réguliers et informels

C'est le cas avec la France, évidemment, où les relations entre le procureur François Molins à Paris et son homologue à Madrid sont très rapprochées. Ils sont en contact de façon informelle chaque semaine et s'appellent quand il y a des urgences sans passer par les chancelleries respectives.

Les dernières arrestations en Espagne ou le démantèlement de cellules djihadistes présumées en Catalogne ou dans le sud de Madrid sont, à chaque fois, le résultat de la coopération des services de renseignement européen et du Maghreb.

Des liens qui fonctionnent très bien également lors des attentats, comme on l'a vu entre la France et la Belgique, mais aussi bien en amont : échange d'informations, mise à jour des fichiers mais aussi à l'inverse entraide lorsqu'un service de renseignement croule sous les données, peine à démêler les ramifications complexes d'un réseau.

Des services qui tentent de réussir à détecter des réseaux d'activistes qui n'ont pas d'antécédents, qui ne sont pas allés combattre en Irak ou en Syrie, voire dont les liens avec le Maghreb ou le Sahel n'ont jamais été clairement identifiés, comme c'est certainement le cas avec les attentats qui ont ensanglanté la Catalogne.

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