Si le soldat Abel Chennouf, a été tué par Mohamed Merah, en mars 2012, c'est en partie à cause de l'état, selon le tribunal administratif de Nîmes.

Merah a été convoqué par la contre-espionnage 4 mois avant le premier meurtre.
Merah a été convoqué par la contre-espionnage 4 mois avant le premier meurtre. © Maxppp / /NCY Alexandre MARCH

Selon le tribunal, l'arrêt de la surveillance de Merah fin 2011 est une faute. L'Etat est donc partiellement responsable. Mohamed Merah était connu des services depuis 2006 pour sa radicalisation et ses liens avec une mouvance islamiste. Fiché S pour sureté de l'état, après un voyage en Afghanistan, il est l'objet au cours du premier semestre 2011 d'une enquête policière approfondie.

 Convoqué par le contre-espionnage, 4 mois avant le premier meurtre

Une quarantaine de surveillances sont réalisées en quelques mois, il est même question de saisir la justice, puis plus rien ou presque. Mohamed Merah part ensuite pour le Pakistan. A son retour, 4 mois avant le premier meurtre, il est convoqué par le contre-espionnage. Là encore, constate le tribunal, tout suivi a été abandonné malgré son profil et le caractère hautement suspect de son comportement, renforcé par ses voyages.

Le ministère de l'intérieur a deux mois pour faire appel

« Un individu qui présente un intérêt pour notre thématique en raison de son profil voyageur » écrivent pourtant les services. Mais pour les juges administratifs, ce défaut de surveillance a facilité le forfait de Mohamed Merah. Il a empêché la détection de tout signe avant-coureur. "Malgré la difficulté des tâches des enquêteurs", relève le tribunal "tout cela constitue une faute et est de nature à engager la responsabilité de l'Etat qui devra prendre en charge un tiers de la réparation du préjudice. Le ministère de l'intérieur a deux mois pour faire appel.

Latifa Ibn Ziaten a décidé de porter plainte

Latifa Ibn Ziaten dont le fils a été la première victime de Mohamed Merah, a décidé de porter plainte comme elle l'explique à nos confrères de France TV info. L'Etat qui doit selon elle changer des choses. L'Etat qui a deux mois pour faire appel de cette décision. Mais ce jugement est déjà salué par l'avocate de 17 familles de victimes du 13 novembre. Maître Maktouf entend porter plainte en leur nom, après la publication ce mardi du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015. Là aussi, certains dysfonctionnements pourraient se retrouver sous la loupe des juges administratifs.

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