Avant elle, on avait vu défiler les traditionnels témoins de personnalité : l’ancien associé, le cousin, le compagnon de voile. Venus dire combien Patrice de Maistre est un homme bon, honnête, travailleur. Rien que de très attendu en somme. Jusqu’à ce qu’arrive ce petit bout de bonne femme. L’ancienne secrétaire de Patrice de Maistre, nous a-t-on dit. On écoute d’une oreille cette blonde quadragénaire vanter les mérites de son ancien patron.

Quand soudain le témoignage prend une tout autre tournure. Voilà qu’il est question de Claire Thibout. L’ancienne comptable dont le témoignage pèse lourd dans ce dossier et qui depuis a été mise en examen pour … faux témoignage. Claire Thibout à qui Patrice de Maistre, Eric Woerth ou encore Nicolas Sarkozy doivent le fait d’avoir vu leur nom associé à cette affaire.

Claire Thibout dont le tribunal a également réclamé une contre-expertise psychiatrique afin de vérifier si elle n’est, ainsi que son avocat l’a affirmé au tribunal, dans l’incapacité de venir témoigner.

Claire Thibout donc, dont la secrétaire aux phrasé tranchant affirme soudain : « J’ai travaillé pendant quatre ans avec elle. Un jour, je l’ai vu affalée sur le bureau. Elle m’a dit qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle ne savait pas pourquoi elle était là, que Madame Bettencourt ne l’aimait plus et qu’elle ne pouvait pas continuer comme ça. Au quotidien, elle présentait une personnalité compliquée. Elle m’a fait beaucoup de confidences sur ce qu’elle vivait au sein de la maison Bettencourt. Des personnes pouvaient traverser la rue pour aller témoigner ce qui se passait dans la maison Bettencourt contre monnaie, il semblerait que ce soit une attitude très fréquente. Alors lorsque Claire Thibout est arrivée un matin est ne nous a plus salué, je me suis demandée si elle avait traversé la rue ou pas. »

La salle se fige. Le président l’interroge : « vous pourriez être un peu plus précise ? Que signifie traverser la rue ? »

Et la secrétaire de reprendre : « elle me disait que Madame Françoise Bettencourt-Meyers, n’ayant pas une relation pérenne avec sa mère, ne savait pas ce qu’il se passait dans la maison de sa mère et donc elle obtenait des formations des employés contre monnaie sonnante et trébuchante. »

Le procureur tente alors de la déstabiliser : « vous lisez les journaux ? Vous ne savez pas ce qu’est la situation de Claire Thibout aujourd’hui ? Non et ça ne me préoccupe pas. Je n’œuvre pas dans l’intérêt de qui que ce soit, ni même du mien. J’ai un employeur actuellement qui a plutôt confiance en moi et je n’aimerais pas que mon employeur actuel pense que je pourrais un jour témoigner contre lui.

« Voilà ce que je pense aujourd’hui ici, même si ça ne vous convient pas ». Silence.

Mais après ça, même l’ancien ministre d’Eric Woerth pourrait sembler bien plat.

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