L'expertise médicale confirme que le théologien mis en examen pour viols est atteint de sclérose en plaques, même si elle n'est pas "incompatible avec la détention". L'expertise ne dit pas non plus que la maladie est incompatible avec les viols reprochés à Tariq Ramadan, qui invoque des troubles de l'érection.

Ce que révèle l'expertise médicale du théologien
Ce que révèle l'expertise médicale du théologien © AFP / Mehdi FEDOUACH

Tariq Ramadan souffre d'une sclérose en plaque depuis 2006. Les deux médecins experts saisis par les juges d'instruction parisiens n'ont pas eu besoin de réaliser de nouveaux examens : ils étaient dans le dossier médical du patient. Depuis 2014 le diagnostic a été confirmé par trois hôpitaux, dont celui de la Salpêtrière à Paris, le mois dernier.

La maladie se caractérise en général par une évolution lente, mais les symptômes (comme les fourmillements ou douleurs dans les membres) se sont aggravés depuis l'incarcération du théologien, ce qui peut être lié au stress. Pour autant, les deux médecins experts estiment que la prise en charge actuelle de Tariq Ramadan n'est pas incompatible avec la détention.

Les médecins insistent toutefois sur la nécessité de poursuivre des soins médicaux importants. Outre un traitement médicamenteux (pour tenter de ralentir l'évolution de la maladie) et un suivi psychothérapique, le patient bénéfice par exemple de quatre séances de kiné par semaine. La défense du théologien, qui ne nous a pas répondu hier soir, pourrait néanmoins s'appuyer sur cette expertise pour faire une nouvelle demande de remise en liberté.

Un "dysfonctionnement érectile" difficile à dater

Les juges d'instruction avaient aussi interrogé les experts sur quelques points précis pour savoir si la maladie pouvait avoir une incidence sur les faits dont le théologien est soupçonné, trois viols allégués en France. Les médecins notent que la sclérose en plaque et les traitements médicaux ne sont pas de nature à engendrer des troubles de la libido, mais qu'ils peuvent entraîner des troubles de l'érection. Tariq Ramadan a signalé aux médecins qu'il en souffrait, un problème très ancien a-t-il expliqué. Les experts observent toutefois que ce dysfonctionnement érectile est difficile à dater, et qu'il n'est mentionné dans son dossier médical que depuis le mois dernier.

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