Les juges bordelais viennent de prononcer un non-lieu pour Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt.

Selon une information du quotidienne Sud Ouest, les magistrats du tribunal de Bordeaux ont finalement estimé que les charges retenues contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt étaient trop ténues pour motiver son renvoi devant une juridiction.

Nicolas Sarkozy a réagi sur sa page Facebook:

En décidant d'un non-lieu, la justice vient de me déclarer innocent dans le dossier Bettencourt. Aux responsables politiques qui durant ces longs mois ont utilisé cette "affaire" et participé à cultiver le soupçon, je veux rappeler combien la présomption d'innocence est un principe fondamental. On ne gagne jamais à calomnier.

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L'ancien président de la République était poursuivi pour abus de faiblesse. Il était soupçonné d'avoir reçu de l'argent pour sa campagne électorale de 2007 de la part de la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal et en état de démence sénile depuis 2006.

Les juges Jean-Michel Gentil et Valérie Noël, qui ont cherché à prouver que Nicolas Sarkozy avait profité de cet état pour soutirer de l'argent à Liliane Bettencourt pour sa campagne électorale de 2007, ont finalement conclu à un non-lieu.

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog a donc déclaré:

L'innocence de Nicolas Sarkozy est donc établie. Justice lui a été rendue. En tant qu'avocat, je me réjouis de cette décision que j'attendais et en tant qu'ami, je me réjouis pour sa femme, pour ses proches et pour tous les Français qui l'aiment et ils sont nombreux.

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Les soutiens de Nicolas Sarkozy ont immédiatement crié victoire et estimé que leur champion pouvait désormais préparer son retour en politique, même si plusieurs affaires, dont l'arbitrage litigieux en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie et le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995, n'ont pas encore connu leur épilogue.

À l'exception de l'avocat fiscaliste Fabrice Goguel, les dix autres personnes mises en examen dans ce dossier, dont Eric Woerth, François-Marie Banier, Stéphane Courbit et Patrice de Maistre devraient comparaître en 2014 à la barre du tribunal du TGI de Bordeaux.

L'instruction validée

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, saisie par des mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, de cas de nullités dans un dossier qu'ils estimaient menée à charge, avait pourtant validé fin septembre l'instruction menée par les trois juges bordelais et notamment l'expertise médicale de Liliane Bettencourt au c÷ur de l'affaire.

Nicolas Sarkozy s'était pourvu en cassation contre cette décision et les magistrats instructeurs ont pris leur décision de non-lieu avant l'arrêt de cette juridiction.

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La mise en examen de l'ancien chef de l'Etat le 21 mars dernier avait d'ailleurs provoqué une polémique notamment de la part de ses amis politiques dénonçant un acharnement des juges. Le parquet de Bordeaux avait requis le 28 juin un non-lieu pour six des douze mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, l'ancien ministre Eric Woerth et l'homme d'affaires Stéphane Courbit. Il avait au contraire requis, notamment, le renvoi devant le tribunal de Patrice de Maistre, l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et du photographe François-Marie Banier.

Le volet abus de faiblesse était le plus important de ce dossier tentaculaire qui avait été dépaysé à Bordeaux à la fin de l'année 2010. Au total, sur l'ensemble de l'affaire, 19 personnes ont été mises en examen.

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