Le procès de Francis Heaulme est à peine ouvert. Le plus célèbre tueur français est entré par un ascenseur qui monte directement du dépôt, au sous-sol du tribunal, jusque dans le box vitré des accusés. Curieux moment de flottement, quand tout le monde fixe la flèche rouge annonçant l’arrivée de la cabine. Et s’il restait coincé? Pas le temps de rêvasser. Le voilà. Heaulme a vieilli. Les cheveux sont presque blancs. Il est vêtu d’un survêtement noir à bandes blanches, porte des lunettes à monture noire épaisse.

Mais déjà, le spectacle est ailleurs. Parmi la centaine de journalistes accrédités, l’information circule à toute vitesse. Le journal régional, le Républicain Lorrain annonce un nouveau témoin à charge contre Henri Leclaire. Les rumeurs s’affolent. Leclaire aurait tout avoué, le renvoi du procès serait imminent…

Dans la salle d’audience, le président poursuit l’appel des témoins. « J’ai décidé d’entendre Monsieur Leclaire dès demain matin », soit une semaine plus tôt que prévu. La rumeur prend corps, les témoins qui accusent Leclaire seront aussi entendus demain.

A ce stade, deux possibilités. Soit le président Steffanus veut « purger » l’hypothèse Henri Leclaire, avant de commencer le procès de Francis Heaulme. Soit les témoignages sont suffisamment solides pour que le président envisage de suspendre le procès, et ordonner un supplément d’information, pour explorer une possible implication d’Henri Leclaire.Aux assises, bien sûr, tout est possible. Il peut aussi ne rien se passer, les témoignages s’avérer flous, fragiles, et Henri Leclaire répéter, comme il le dit depuis 27 ans, qu’il n’est pour rien dans les meurtres. Le procès de Francis Heaulme pourra alors commencer.

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