paris et berlin tentent d'éteindre l'incendie du scandale des écoutes de la nsa
paris et berlin tentent d'éteindre l'incendie du scandale des écoutes de la nsa © reuters

Alors que l'on en apprend chaque jour un peu plus sur l'ampleur des écoutes menées par la NSA, l'agence de renseignements américains, en France, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) dénonce une "situation d'espionnage généralisé" et exige la mise en place d'un cadre juridique qui protègerait les citoyens, mais aussi les acteurs de l'internet qui pourraient ainsi refuser de divulguer des données personnelles.

Isabelle Falque-Pierrotin, la président de la CNIL, interrogé par Guy Registe.

Les dirigeants européens, réunis en sommet jeudi 24 et vendredi 25 octobre, à Bruxelles, réclament des explications aux Etats-Unis, et surtout la mise en place d'un "code de bonne conduite" d'ici la fin de l'année. Ils n'ont cependant pris aucune sanction envers Washington. Les négociations de libre-échange qui viennent d'être lancées entre l'Union européenne et les Etats-Unis ne sont donc pas menacées. Mais l'Allemagne et le Brésil, deux pays particulièrement touchés par ces écoutes, travaillent actuellement à la préparation d'une résolution à l'ONU sur la protection des libertés individuelles.

La Cnil également inquiète de la situation en France

La Cnil soupçonne la France de se livrer elle-aussi à de l'espionnage illégalement. Le dispositif serait semblabe au programme américain Prism, écrit l'institution dans un communiqué. Déjà en juillet dernier, le journal Le Monde affirmait que Paris disposait d'un système d'écoutes clandestin, comparable à celui des Etats-Unis. Des informations démenties à l'époque par le gouvernement.La Cnil a cependant jugé bon de saisir le Premier ministre ainsi que les ministres de l'Intérieur et la Défense, jeudi, afin d'obtenir des explications. Dans un État de droit, "aucune considération ne saurait justifier une surveillance généralisée et indifférenciée de la population, pas plus que la mécanisation de cette surveillance", rappelle la commission qui souhaiterait voir son pouvoir de contrôle renforcer.

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