La cour d'assises d'appel a reconnu jeudi la complicité d'Abdelkader Merah pour les crimes de son frères Mohamed à Toulouse et Montauban en mars 2012. Abdelkader Merah, condamné en première instance à 20 ans de réclusion voit donc sa peine alourdie à 30 ans. Il se pourvoit en cassation.

Abdelkader Merah a été condamné en appel à 30 ans de réclusion.
Abdelkader Merah a été condamné en appel à 30 ans de réclusion. © AFP / Benoit PEYRUCQ

À l’annonce du verdict, les proches des victimes sont tombés dans les bras les uns des autres ne cachant pas leur joie à travers leurs larmes, cette décision, elles l’espéraient : Abdelkader Merah est reconnu coupable de complicité dans les crimes commis par son frère Mohamed Merah.

C'était tout l'enjeu de ce procès en appel. La cour d'assises d'appel a estimé que non seulement, Abdelkader Merah était au courant des projets de son frère, mais qu'il l'avait également aidé, notamment lors du vol du scooter qui a servi aux trois attaques. Abdelkader Merah a donc été condamné à 30 ans de réclusion, alors qu'il risquait la perpétuité. 

L’élément central, c’est le vol du scooter, le 6 mars 2012, cinq jours avant le premier assassinat. Abdelkader Merah a facilité ce vol, a estimé la cour d’assises d’appel, alors qu’il était à ce moment là parfaitement informé des projets criminels de son frère.

"Prêt à lever l'étendard", une formule jugée sans ambiguïté par la cour

À son retour du Pakistan fin 2011, Mohamed Merah avait en effet confié à son frère être "prêt à lever l’étendard". Pour la cour, la formule était sans ambiguïté.

Elle estime qu’Abdelkader Merah lui a donc apporté aide et assistance dans la commission des sept assassinats. Une aide attestée par les rencontres entre les 2 frères, juste avant et pendant les crimes.

Et s’il n’y a trace d’aucun échange téléphonique entre eux, c’est la preuve pour les magistrats que les frères Merah ont appliqué les principes de prudence, édictés par la propagande djihadiste retrouvée chez Abdelkader Merah. 

La cour a produit 12 pages de motivation aux antipodes du verdict de premier instance, qui constatait un manque de preuve quant à l’implication directe d’Abdelkader Merah. "C’est incompréhensible, a commenté Eric Dupond Moretti regrettant "une justice qui cherche à avoir valeur d’exemple."

"C’est un signal fort et une victoire contre le terrorisme" ont salué de leur coté les avocats des parties civiles.

Mais l'affaire n'est pas encore finie. La défense envisage un pourvoi en cassation.

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