Certes, il y a bien une comptable, Claire Thibout, installée à temps plein dans un studio à proximité de l’hôtel particulier de Neuilly. Mais cela ne signifie pas pour autant que la comptabilité d’une des principales fortunes de France soit un modèle de rigueur.

Bien au contraire. A la barre, l’expert Bruyas raconte le « brouillard de caisse », ce carnet tenu par la comptable au jour le jour. « Madame Thibout tenait sa caisse au crayon de papier, ce qui n’est pas bien », déplore l’expert judiciaire. « Cela veut dire qu’on peut effacer ? » interroge le président. « On peut faire ce qu’on veut ».

Et c’est vraisemblablement ce qui se passait.

D’autant que « dans la famille Bettencourt, on paie en liquide, intervient le procureur. Le 13e mois du personnel, le médecin, l’acupuncteur, la coiffeuse ». « C’était une gestion un peu chaotique, poursuit Gérard Aldigé. L’expert Bruyas approuve.

D’autant qu’une partie de cet argent en liquide provient régulièrement de Suisse. La famille Bettencourt y détient 14 comptes, non déclarés en France. « Certains venaient du père de Liliane Bettencourt », rappelle le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre qui assure avoir découvert le détail de ces nombreux comptes en 2009 seulement. « Il y en avait partout. »

Et, quand l’expert judiciaire met le nez dans les chéquiers, ce n’est guère plus concluant. « Il y a des talons de chèques qui ne sont pas remplis. » Impossible donc d’en connaître les montants ni les destinataires.

Bref, pas vraiment ce qu’on peut appeler une gestion en bon père de famille.

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