Mathieu Gallet a été révoqué par le conseil supérieur de l'audiovisuel ce mercredi après la condamnation de ce dernier pour favoritisme le 15 janvier dernier.

Le CSA révoque Mathieu Gallet après sa condamnation le 15 janvier dernier pour favoritisme.
Le CSA révoque Mathieu Gallet après sa condamnation le 15 janvier dernier pour favoritisme. © AFP / Kenzo Tribouillard

C'est une première dans l'histoire de l'audiovisuel public,  le CSA a décidé ce mercredi de retirer à compter du 1er mars son mandat à Mathieu Gallet, président de Radio France, à la suite de sa condamnation pour favoritisme quand il dirigeait l'INA entre 2010 et 2014.                      

Mathieu Gallet a en effet été condamné le 15 janvier dernier à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Il est soupçonné d'avoir commandé près de 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics.                      

Le gouvernement avait jugé son maintien à la tête de Radio France "inacceptable", alors que Mathieu Gallet a toujours refusé de démissionner et a fait appel du jugement. Son mandat courait jusqu'en mai 2019.

Patrice Gélinet, membre du CSA jusqu'en 2017 et ancien journaliste de Radio France a réagi :  

Je ne peux que le regretter pour Radio France. C'est un mauvais moment

Le journaliste a également regretté les récentes déclarations de la ministre de la culture 

"Cela a rendu plus difficile la décision du CSA " selon Patrice Gélinet. La ministre Françoise Nyssen avait effectivement publiquement déclaré que Mathieu Gallet devait "tirer les conséquences de sa condamnation".

Les syndicats de Radio France ont également réagi à l'annonce de cette révocation qui signifie qu'au 1er mars, Radio France n'a plus de PDG, comme le souligne le SNJ, syndicat majoritaire chez les journalistes :

"Le SNJ Radio France constate que le premier groupe radiophonique français se retrouve désormais sans PDG. Cette situation inquiète fortement les personnels car elle place leur entreprise dans une situation aussi inédite que périlleuse, à l'heure où l'Etat veut profondément réformer l'audiovisuel public."

La plus grand préoccupation

"La première réaction, au-delà du destin personnel de Mathieu Gallet, c'est la plus grand préoccupation que nous avons manifestée dès le début de cette affaire pour le sort de Radio France et de ses salariés", a réagi ce mercredi sur France Info Jean-Paul Quennesson, délégué Sud de Radio France, suite à cette annonce. 

La ministre de la culture a accueilli cette décision du CSA en évoquant ""l'exemplarité, une "condition absolue pour les dirigeants des services publics".

"On s'aperçoit que la pression de l'Etat a été plus forte que la présomption d'innocence" estime de son côté Christophe Ingrain, l'un des avocats de Mathieu Gallet. 

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.