Alors que de nombreux détenus radicalisés arrivent en fin de peine (près de 450 seront libérés d'ici la fin de l'année prochaine, selon la ministre de la Justice), une grande réorganisation des services de la sécurité intérieure est en cours. Et la Direction générale de la sécurité intérieure voit son rôle renforcé.

Laurent Nunez, actuel patron de la DGSI
Laurent Nunez, actuel patron de la DGSI © AFP / Lionel Bonaventure

C'était le sujet du conseil de défense ce mercredi : la sécurité intérieure, et plus particulièrement le suivi des profils à risque. Beaucoup d'acteurs sont mobilisés autour de ce thème : police, gendarmerie, renseignement territorial, DGSI... Et justement, cette dernière, la Direction générale de la sécurité intérieure, voit son rôle renforcé.

Cette décision stratégique majeure a été actée par l'Élysée, Matignon et le ministère de l'Intérieur : confier les manettes de la sécurité intérieure, les "pleins pouvoirs" à la DGSI, de façon plus cohérente avec l'espoir d'une plus grande efficacité. C'était la vocation initiale de cette jeune direction générale (créée en 2012) mais aujourd'hui, ce n'est pas vraiment le cas dans les faits, tant les responsabilités dans la sécurité intérieure ressemblent surtout à un mille-feuille.

Selon nos informations, cela ne signifie pas que la DGSI va se substituer aux grands acteurs que sont le SCRT, le renseignement intérieur, la gendarmerie, la préfecture de police de Paris ou encore la police judiciaire, qui font tous du renseignement intérieur et de la lutte antiterroriste.

Une confiance accrue envers les acteurs locaux

Il s'agirait en fait d'un rôle de coordination opérationnelle, cette fois complètement assumé. Un rôle d'appui réaffirmé quand les préfets ou les services régionaux en feront la demande, mais aussi de consignes et de donneur d'ordre en temps réel quand l'urgence l'impose.

C'est un préfet justement qui dirige aujourd'hui la DGSI : Laurent Nunez, passé par Paris et Marseille notamment. Car c'est l'objectif du plan antiterroriste qui se dessine ces jours-ci : redonner des responsabilités pleines et entières (et de la confiance) aux acteurs locaux, avec un pilotage préfectoral qui va encore s'intensifier. Mais aussi une forme de "donnant-donnant" pour des échanges d'informations bien plus ouverts en matière de terrorisme.

L'idée est de s'éloigner des réflexes anciens de la DST ou des RG (contre-espionnage, affaires d'ingérence, toujours très secrètes), et de se rapprocher un peu plus des méthodes très réactives de la lutte contre la criminalité.

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