Irène Frachon
Irène Frachon © PHOTOPQR/OUEST FRANCE / DAVID ADEMAS

Plusieurs témoins se sont succédés à la barre, dont la pneumologue qui a révélé l'affaire, Irène Frachon. Ce matin, les rapporteurs de l'Igas ont évoqué une "crise sanitaire grave" à propos de l'affaire Mediator.

Hier, le tribunal a décidé de la tenue du procès, rejetant la demande de fusion avec la procédure en cours à Paris réclamée par la défense.

Cet après-midi, la pneumologue Irène Frachon, a évoqué la toxicité du Mediator et la "volonté de dissimulation" des laboratoires Servier qu'elle a qualifié de "crime presque parfait".

Il a également longtemps été question de l'Isoméride, cet autre médicament des laboratoires Servier. Ce coupe-faim a été interdit à la vente en 1997. Il contient la même molécule que le Mediator: la norfenfluramine.

Le matin, les trois médecins et auteurs d'un rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales), qui ont confirmé les déficiences cardiaques causées par le Médiator et le caractère anorexigène du benfluorex, la molécule du Mediator, ont été entendu par le tribunal de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre.

Le compte-rendu de Danielle Messager, à Nanterre.

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Mediator 13h Messager

Les avocats de la défense ont tenté de prouver les manquements de ce rapport réalisé en six semaines et basé essentiellement sur des expériences menées sur des espèces animales.

Le procès en direct:

Le résumé de la journée d'hier :

Le procès de Jacques Servier et des laboratoires du même nom pour "tromperie aggravée" dans l'affaire du Mediator s'est poursuivi mercredi à Nanterre, le tribunal correctionnel ayant rejeté une demande de renvoi.

Les premières victimes parties civiles ont été entendues, décrivant chacunes des problèmes cardiaques apparus quelques temps après la première prise du Mediator.

> Retrouvez le dossier complet sur l'affaire Mediator

La défense, ainsi que certaines parties civiles, avaient demandé mardi son report, une instruction étant ouverte en parallèle pour les mêmes faits au tribunal de grande instance de Paris.Le tribunal correctionnel de Nanterre a indiqué qu'il se prononcerait en fin de procès sur les autres questions soulevées.

En l'absence du principal prévenu, Jacques Servier, 91 ans, l'audience a repris mercredi avec l'exposé des faits par les parties civiles. La charge de la preuve incombe aux victimes présumées dans cette procédure, lancée par voie de citations directes.

Retiré du marché en 2010, après plus de vingt ans de commercialisation, le Mediator provoquait des valvulopathies et de l'hypertension pulmonaire, selon la plus récente expertise. Ce médicament pourrait être à l'origine de 220 à 300 décès à court terme et 1.300 à 1.800 décès à long terme, selon cette même expertise.

Les laboratoires Servier, qui l'ont commercialisé, sont soupçonnés d'avoir dissimulé la vraie nature du Mediator, un coupe-faim présenté comme antidiabétique. Jacques Servier et quatre anciens responsables du groupe encourent quatre ans de prison et 75.000 euros d'amende. Les laboratoires Servier et la société Biopharma risquent 375.000 euros d'amende.

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