Maxime Hauchard,
Maxime Hauchard, © AP/SIPA

C’est une première : les parents d’une victime syrienne de l’Etat islamique ont été entendus par un juge du pôle antiterroriste français. Une audition dans le cadre des investigations menées sur les exactions d’un djihadiste français, Maxime Hauchard.

C’est en novembre 2014 que le visage du djihadiste français Maxime Hauchard apparaît au grand jour dans une vidéo de l’Etat islamique où sont décapités un otage américain et 18 soldats syriens. Une information judiciaire est alors ouverte en France pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste.

Les parents d’un officier syrien exécuté dans cette vidéo se portent également partie civile, même si leur fils n’est pas la victime directe de Maxime Hauchard. Une demande d’abord rejetée puis finalement validée par la justice française, se félicite l’avocat de la famille, Fabrice Delinde , partisan d’un rapprochement avec le régime de Bachar El-Assad…

C’est la première fois que des victimes syriennes ont la qualité de partie civile dans un dossier d’instruction concernant des faits qui ont eu lieu en Syrie.

Vendredi dernier, les parents de cet officier assassiné sont donc venus depuis la ville de Homs témoigner devant le juge antiterroriste David De Pas.

Pour l’exemple, dit la mère de la victime :

Je veux que la justice nous soit rendue. J’ai perdu mon enfant. Toute notre vie a basculé avec ce drame. J’ai eu plusieurs attaques cardiaques. Nous ne souhaitons à personne de vivre ce que nous avons vécu. Notre fils a été victime une première fois, nous ne voulons pas à notre tour être victime d’une injustice.

Une action judiciaire soutenue et suivie de très près par Damas, qui finance une partie du déplacement de ces parents syriens.

L'avocat Fabrice Delinde tient à apporter cette précision :

"Mes clients sont dans une situation de précarité financière extrème eu égard à l'endettement lié au paiement de la rancon de 2 500 000 livres syriens et en raison de la situation économique syrienne très dégradée. Le revenu moyen d'un syrien ne doit pas dépasser 150 euros. Devant leur impécuniosité, ce sont des proches qui les ont aidés à financer leur projet de voyage qui comprend notamment divers allers retours en taxis de Homs à Beyrouth, très couteux, pour les démarches auprès du Consulat. Toutefois, La somme recoltée, à quelque jours du départ ne recouvrait pas la totalité des dépenses nécessaires pour le transport. Dans ces conditions, j'ai sollicité une aide auprès des autorités syriennes sur le reliquat à combler."

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