Une grande lassitude. C’est ce qui se dégage de cette femme en noire qui s’est avancée à la barre. Aussi taiseuse que richissime, Françoise Bettencourt-Meyers ne s’est quasiment pas exprimée sur cette affaire. Elle qui est pourtant à l’origine de la première plainte contre X et donc, indirectement, du procès qui se tient aujourd’hui.

D’une voix éteinte, celle qui a été qualifiée de « fille indigne » explique son parcours, celui d’une famille unie « enfant, on m’appelait la moule au rocher tant j’étais scotchée à ma mère. » Puis, quand elle s’est mariée : « mes parents ont très vite fait confiance à mon mari, si bien qu’ils lui ont proposé de rentrer dans le groupe [L’Oreal] pour être à leurs côtés. » Et plus tard : « quand on ne se voyait pas tous les jours, on se téléphonait tous les jours », grâce à une ligne dédiée. «J’allais les voir très facilement, je débarquais comme ça », assure celle qui vit à 50 mètres de l’hôtel particulier de Neuilly.

Bref, c’est une vraie vie de famille heureuse que décrit Françoise Bettencourt-Meyers. Et qui ne doit ses déchirements qu’à la volonté manipulatrice de « malveillants », selon elle : « la devise de monsieur Banier n’est pas « diviser pour mieux régner », c’est « briser pour mieux régner ». Briser toute une famille, c’est une destruction programmée. »

D’ailleurs, poursuit-elle « un dimanche après-midi, mon père m’a téléphoné pour me dire que ma mère ne voulait plus me voir du tout. Je lui ai demandé si c’était pour un jour ou deux, il m’a répondu : « des semaines qui peuvent être des mois. » C’était juste avant une intervention chirurgicale que je devais subir. Et là c’était atroce. »

Son père, André Bettencourt, qu’elle qualifie de « rempart » et qui lui aurait prédit, quelques temps avant sa mort en 2007 : « Banier est un escroc, un jour il y aura un procès. »

« Nous y voilà », conclut la fille de cette voix si lasse.

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