Les nouveaux modèles de caméras-piétons sont distribués à partir de ce 1er juillet aux gendarmes et policiers. En tout, 30 000 appareils doivent être attribués d'ici la fin de l'année, afin que chaque patrouille en soit équipée. Une initiative saluée par une partie des fonctionnaires.

L'objectif affiché par le ministère de l'Intérieur est d'équiper au moins un fonctionnaire par patrouille d'une caméra-piéton
L'objectif affiché par le ministère de l'Intérieur est d'équiper au moins un fonctionnaire par patrouille d'une caméra-piéton © Radio France / Cécile Soulé

"Quand quelqu'un déclenche les hostilités et qu'il sait qu'il est filmé, il ne se comporte pas pareil. Quand un policier est en permanence en train de filmer ses actions, il ne se comporte pas pareil", a expliqué Emmanuel Macron lors de son entretien à Brut, en décembre 2020. Dans la foulée, le chef de l'Etat avait annoncé l'arrivée de nouveaux modèles de caméras-piétons pour les policiers et gendarmes, dans l'objectif d'en équiper chaque patrouille dès l'été. Si des appareils ont déjà été fournis à quelques casernes et commissariats, la livraison officielle commence ce mercredi 1er juillet, avec une première cargaison de 2.000 caméras, suivies de 2.000 supplémentaires au 10 juillet, 17.000 de plus durant l'été, et le reste à l'automne, soit un objectif de 30.000 caméras-piétons pour équiper les forces de l'ordre d'ici la fin de l'année 2021. Le but étant qu'au moins un fonctionnaire en soit doté lors de chaque patrouille.

Utilisées "dans des situations d'urgence"

Ces appareils, commandés par le ministère de l'Intérieur auprès de Motorola (type "VB400") pour un contrat de 15 millions d'euros, ont la forme d'un boîtier qui se fixe au niveau du torse. Il n'enregistre pas en continu : c'est au policier ou gendarme de l'allumer, s'il estime que la situation l'exige. Un voyant permet alors de repérer que l'enregistrement est en cours. Ces nouveaux modèles viennent remplacer les 10.700 caméras-piétons déjà aux mains des forces de l'ordre, mais peu utilisées, en raison de leur autonomie trop faible, et du fait qu'elles étaient difficiles à fixer sur les uniformes. Le Directeur général de la police nationale Frédéric Veaux l'avait lui-même reconnu devant la commission des lois du Sénat, en décembre 2020, jugeant le matériel "défectueux".

"Ces caméras-piétons sont attendues par une partie des fonctionnaires, estime Thierry Clair, secrétaire général adjoint du syndicat Unsa Police. 

Leur usage devra s'opérer dans des situations d'urgence, qui peuvent dégénérer, et pour lesquelles le son et l'image permettront de corroborer les éléments qui seront déclarés par les fonctionnaires et de mettre fin aux dénonciations calomnieuses dont sont l'objet nos collègues.

Le syndicaliste, qui dénonce "une course à l'image qui se fait souvent au détriment des policiers" juge que "au moins, ces éléments qui seront filmés par les policiers seront des éléments en continu, pas séquencés, réels entre le début et la fin d'une action", et pourront éventuellement servir aux magistrats en cas de besoin. 

12 heures de vidéos stockées

Ces nouveaux modèles peuvent enregistrer jusqu'à douze heures de vidéos, stockées pour une durée maximale de six mois (sauf si une enquête judiciaire est ouverte, auquel cas les images sont conservées le temps de la procédure). Chaque policier doit activer la caméra à l'aide d'une carte professionnelle, ce qui permet de déterminer quel fonctionnaire portait l'appareil sur lui au moment de l'enregistrement. La future loi Sécurité globale prévoit également que les images puissent être visionnées en direct par des fonctionnaires habilités. À l'origine, l'article 21 de ce texte donnait également la possibilité de rendre les images publiques, pour répondre aux éventuelles polémiques, mais ce projet a été retoqué par les sénateurs.