Pour la première fois alors qu’il a déjà passé des heures à la barre, Patrice de Maistre s’est assis. Il ne parle plus, mais sa voix résonne pourtant dans la salle. Le tribunal a ordonné la diffusion d’un extrait des 20 heures d’enregistrements clandestins réalisés par le majordome des Bettencourt.

Il y est tout d’abord question d’un avenant à son contrat qu’il est venu faire signer à la milliardaire. Il lui explique : « la fondation est devenue très importante et je ne suis pas payé pour ça. » Puis lui montre la convention : « ça c’est vous qui me paierez directement. Vous êtes sereine avec ça ? Il faut signer là ». Liliane Bettencourt signe. Patrice de Maistre sera désormais rémunéré 1,2 million d’euros par an pour son travail chez les Bettencourt.

Vient ensuite l’heure des chèques. Pour une fondation contre l’illettrisme : 150 000 euros. « On lui donne chaque année », rappelle le gestionnaire de fortune. Il y a aussi le quatuor Modigliani.

Et puis les politiques : « celui là c’est Valérie Pécresse », explique Patrice de Maistre dans l’enregistrement. « Elle fait campagne pour être présidente du conseil de Paris. Elle va perdre, mais il faut que vous la souteniez. » Rires dans la salle. « Ca c’est Eric Woerth, le ministre du Budget. Et le troisième c’est Nicolas Sarkozy. »

Patrice de Maistre insiste : « mais ce n’est pas cher. C’est le maximum légal, voyez c’est 7500 euros. C’est pas cher et ils apprécient. » Même le président, Denis Roucou, ne peut contenir un sourire.

« En ce moment, affirme Patrice de Maistre à Liliane Bettencourt, il faut qu’on ait des amis. »

Dans la salle d’audience, l’homme de 65 ans s’est rapetissé sur sa chaise. Il semble soudain très très seul.

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