Il le dit lui-même en préambule : son associé a déjà « fait le job ». Pendant près de deux heures, Me Arnaud Dupin a redéroulé le fil des événements, dans la plaidoirie pour le compte du tuteur de Liliane Bettencourt.

Reste donc à Me Benoît Ducos-Ader le privilège des derniers bons mots :

C’est une affaire dans laquelle j’avais un sentiment de honte et un sentiment de tristesse pour les gens qui sont ici, assis devant vous. Sentiment de honte et de tristesse parce que ce qu’ils ont fait est, on peut le dire, d’une grande bassesse, au moins pour la quasi-totalité d’entre eux. Ce sentiment de tristesse c’est parce que l’un d’entre eux porte la même robe que moi. D’autres sont des gens que nous côtoyons, des officiers ministériels, notaires. D’autres sont dans l’industrie, d’autres se veulent hommes de lettres. La brochette n’est pas banale. J’allais dire qu’il ne manquait plus qu’un président de la République, ça aurait pu arriver. On a un ministre qui aujourd’hui est un intermittent du spectacle.

Ces gens-là sont très certainement des gens qui souffrent d’être aujourd’hui sur ce banc. Mais on ne peut pas faire l’économie, avec tous les éléments qui sont dans le dossier, de penser que Monsieur Banier a prémédité tous ses actes. Ce n’est pas cet hurluberlu qui roule en vélomoteur et non pas en Rolls. Il séduit, il énerve. Moi, ce qui m’importe aujourd’hui, ce sont ses actes. Le personnage m’est indifférent, même s’il ne m’est pas particulièrement sympathique. Il y a maintenant des Césars un peu pour tout. Il y aura peut-être un jour un César de la délinquance et il faudra que Monsieur Banier soit récompensé.

Mais c’est quelqu’un qui a un petit défaut, c’est qu’il écrit beaucoup. Le courrier de monsieur Banier n’a aucun intérêt, vous ne trouverez là aucun morceau de littérature, même pas de littérature de gare. Par contre c’est une technique, celle d’un gourou. Celui qui tisse sa toile et qui le fait parfaitement bien. Il a des lettres depuis des décennies. Evidemment, sur 1100 mètres carrés à Paris, vous pouvez avoir des espaces de rangement. Et donc dans la technique de la lettre, il tient sa proie comme ça. Il peut aller se promener, aux Etats-Unis ou ailleurs, mais tous les jours, il y a le petit fax. Il écrit toujours, même là dans le coin de la salle Tantôt il écrit, tantôt il lit. Il est caché, il est tranquille.

Me Ducos-Ader ajoutera un peu plus tard :

« On se dit que ce dossier si on avait voulu faire un roman, même les dizaines de tomes de Balzac n’y suffiraient pas. »

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