Un journaliste a été mis sur écoute pour tenter d'identifier une source
Un journaliste a été mis sur écoute pour tenter d'identifier une source © Reuters / Charles Platiau

Décidément, le quotidien des journalistes du Monde semble fasciner les juges français. Selon le journal, les factures téléphoniques détaillées de deux de ses salariés ont été épluchées par la police. L'un d'eux a même été placé sur écoute.

C'est une juge d'instruction qui a tenté d'identifier les sources des deux journalistes. L'affaire avait commencé en 2006 : un membre du Gang des Barbares avait porté plainte avec constitution de partie civile. il dénonçait une violation du secret de l'instruction, après la publication d'un article très bien informé sur l'affaire.

La magistrate a alors décider d'ordonner à l'IGS de procéder à "toutes auditions, perquisitions, réquisitions et saisies utiles", selon Le Monde, dans son édition du 10 septembre. C'est le commandant de l'IGS qui s'est lancé dans l'opération de récupération des "fadettes". Trois ans après, la juge ordonne carrément le placement d'un des deux journalistes sur écoute.

Le journaliste Gérard Davet a subi ces écoutes pendant un mois. Il répond à Nathalie Hernandez.

490 conversations ont ainsi été enregistrées selon Le Monde. La liste seule tient sur 43 feuillets.

"C'est devenu une détestable habitude", dénonce le quotidien. Il compte déposer un recours devant la chambre de l'instruction, pour faire annuler les fadettes et écoutes téléphoniques. Puis engager "des actions judiciaires appropriées". "Nous voulons d'une part la vérité, à savoir comprendre pourquoi M. Davet a été espionné trois ans après la parution de son article, et d'autre part tracer une jurisprudence pour la protection des sources des journalistes", explique l'avocat du Monde, Me François Saint-Pierre.

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