Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai
Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai © MaxPPP/IP3/Morin Isore

Le Front national organisait une consultation de ses adhérents pour supprimer ou confirmer le statut de président d'honneur de Jean-Marie Le Pen. La cour d'appel de Versailles confirme que le parti devra organiser une assemblée générale extraordinaire.

Le tribunal de grande instance de Nanterre avait déjà tranché le 8 juillet dernier, sa décision a donc été confirmée : le vote des adhérents frontistes sur la suspension de Jean-Marie Le Pen ne peut pas être organisé par voie postale. D'après les statuts actuels, cette décision ne peut être validée que lors d'une assemblée générale extraordinaire.

Une décision que regrette le député Gilbert Collard (Rassemblement Bleu Marine)

De son côté, Jean-Marie Le Pen annonce "ne pas craindre du tout un congrès physique où il aurait la parole" :

Manque de débat

Les 51.000 adhérents du FN étaient donc appelés à se prononcer avant le 10 juillet sur le sort de la figure historique de ce parti d'extrême droite. Florian Filippot, vice-président du parti, assurait mardi matin que plus de 30.000 votes avaient été entregistrés et espérait que la justice n'irai pas "dans le sens d'un déni de démocratie". Marine Le Pen, présidente du parti, avait pour sa part assuré que le résultat de la consultation ne serait pas rendu public si la décision de justice leur donnait tort.

Les juges soulignent que la consultation par courrier n'a pas permis l'organisation d'un débat. Pour la justice, le parti a "violé" ses propres règles en organisant un congrès par correspondance, et non sous forme physique comme cela devrait être le cas pour une modification des statuts.

Pour le moment, Jean-Marie Le Pen reste donc président d'honneur du parti qu'il a co-fondé. Il est par ailleurs toujours membre du FN, la justice ayant annulé sa suspension décidée en mai par la direction. Les instances du Front national ont fait appel de cette décision.

Et maintenant ?

La suite s'annonce compliquée pour la présidente du Front National. D'après ses proches, elle n'a plus que deux options : elle peut aller devant la cour de cassation , mais sans garantie que la justice lui donnera cette fois raison. Dans ce scénario, une certitude en revanche : vu les délais de jugement, le problème Jean-Marie Le Pen ne serait pas résolu avant l'année prochaine. L'autre option pour la dirigeante du FN, c'est se plier à ce que demande les juges , c'est-à-dire un Congrès sous trois mois, où les militants voteront. Mais voilà, un grand congrès avec à l'affiche la saga familiale risque de plomber sa campagne pour les élections régionales. Il y a bien une troisième possibilité, avancée par les proches de Jean-Marie le Pen : la réconciliation pure et simple . Improbable, répond-on en face : pour Marine Le Pen, ce serait faire volte-face. Sans attendre de choisir entre ces options, le FN a riposté dès hier : les résultats du vote des militants, sans aucune valeur légale, seront quand même publiés aujourd'hui . Marine Le Pen sait qu'ils ont tranché en sa faveur.

L'hsitoire du FN
L'hsitoire du FN © Radio France
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