Robes de magistrats
Robes de magistrats © MaxPPP/Thomas Padilla

Baisse des effectifs, charge de travail accrue, désorganisation des services, humiliations, abus de pouvoir et harcèlement moral. L’USM, le principal syndicat de magistrats, tire la sonnette d’alarme et rend public mercredi un rapport sur la souffrance au travail des magistrats.

"Etat des lieux, état d'alerte" : le titre du rapport donne le ton. L’USM a recueilli une centaine de témoignages de magistrats, exerçant en métropole et outre-mer. Certains viennent de sortir de l’Ecole Nationale de la Magistrature, d’autres parviennent à la fin de leur carrière. Ils sont magistrats du parquet ou du siège, dans les TGI ou les cours d’appel. Tous ont souhaité que leurs témoignages demeurent anonymes, explique l'USM. D'autres, ont préféré contribuer à la réflexion, sans que leurs témoignages soient publiés.

la charge de travail est telle que les droits des magistrat sont bafoués, explique la président de l’USM Virginie Duval, qui sdénonce le fait que la soufrance des magistrats soit un tabou

Ce qu'on accepterait pas dans une sociaté privée, que la justice condamnerait, les magistrats l'acceptent pour eux mêmes !

"J'ai le sentiment d'avoir vécu une guerre, comme le vétéran d'un conflit", raconte ce substitut victime des méthodes d'un procureur finalement muté.

Notre parquet est un champ de ruines. Nous sommes écoeurés.

Dépression, stress, burn out. Trois mots qui reviennent en boucle. "J'ai perdu mon énergie, le goût de ce métier que j'ai toujours voulu faire", dit cette magistrate chargée de l'application des peines.

"Je me sens épuisée, lessivée" avoue cette conseillère dans une cour d'appel.

Pour ce juge :

J'ai connu différents emplois dans le privé : je n'ai jamais vu des conditions aussi éprouvantes.

"Un immense sentiment de solitude, de désespoir" pour cette magistrate malade de son travail. "Je suis à bout nerveusement et physiquement" explique ce juge d'instruction qui a le sentiment d'être submergé par son travail, au détriment de sa vie personnelle. "Impossible de se sortir de ce cycle infernal, renchérit une autre magistrate. Je ne sais plus depuis combien de temps je n'ai pas préparé un gâteau pour mes proches."

Face à ces problèmes, il existe des solutions tant sur le plan individuel que sur le plan collectif, écrit l'USM. Elles impliquent que chaque magistrat prenne conscience qu’il est anormal de souffrir à cause du travail et qu’il doit faire respecter les règles régissant ses conditions de travail.

►►► EN SAVOIR PLUS | Le Livre blanc sur la souffrance au travail des magistrats

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.