Le Ministère de l'Intérieur instruit depuis des mois un dossier contre l'association Génération Identitaire, désormais prévenue officiellement dans un courrier qu'elle risque la dissolution, ainsi que l'a révélé franceinfo.

Génération identitaire avait déployé une banderole lors de la manifestation du 13 juin 2020 contre les violences policières et les comportement racistes
Génération identitaire avait déployé une banderole lors de la manifestation du 13 juin 2020 contre les violences policières et les comportement racistes © Maxppp / Christophe Petit Tesson

C'est un courrier d'une petite dizaine de pages que le ministère de l’Intérieur a envoyé vendredi à Génération Identitaire. Dans ce courrier, une longue liste de griefs contre le groupuscule d’extrême droite. Cela fait des mois, que le ministre de l’Intérieur a cette association dans le viseur. Des mois qu'il a demandé à ses services de plancher sur ce dossier, un vieux dossier, car maintes fois depuis 2012, des associations ou des politiques ont réclamé cette dissolution de Génération Identitaire, créée l'année de l'élection de François Hollande.

Une longue liste de griefs de Gérald Darmanin contre le groupuscule d'extrême-droite

Neuf ans après sa création, Génération Identitaire compte 2 800 adhérents, et a toujours réussi à échapper à la censure définitive, flirtant avec les limites, sans les dépasser, au point d'être désagrégée par l'État, qui est tenu de respecter les règles avec cette association comme avec toutes les autres. Mais la dernière opération coup de poing de Génération identitaire a vraiment scandalisé Gérald Darmanin, le mois dernier. 

Ce n'est toutefois pas la goutte d'eau qui a fait déborder le vase déjà bien plein, précise un proche du ministre. Cette dernière opération a en tout cas été un grief, parmi beaucoup d'autres. En janvier dernier, dans les Pyrénées, à la frontière espagnole, une trentaine de militants identitaires avaient patrouillé dans des voitures sérigraphiées sur lesquelles on pouvait lire "Defend Europ", d’autres étaient partis en randonnée dans les avec des drones, évoquant un "risque terroriste et migratoire"

Dans la foulée, le procureur de la République de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, avait ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale". Une plainte de SOS Racisme avait été recueillie. Et le 26 janvier, Gérald Darmanin, pour la première fois, avait émis publiquement la menace d'une dissolution, "si les éléments sont réunis". 

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Génération Identitaire a dix jours pour répondre au ministre de l'Intérieur 

Ce sont donc ces "éléments", ces griefs, que le ministère de l'Intérieur a notifiés hier à Génération Identitaire, "selon le principe du contradictoire", insiste la place Beauvau. Le groupuscule d'extrême-droite a dix jours pour répondre aux reproches. Mais le ministère de l'Intérieur, s'il n'est pas convaincu, pourra ensuite proposer la dissolution

Une dissolution d'association est une décision qui se prend forcément en conseil des ministres, sur décret. Gérald Darmanin prévient que ce décret là pourrait être rapide, dans les deux prochaines semaines. Si la dissolution devient officielle, il restera encore la possibilité d'un recours en justice pour Génération Identitaire. À l'image des recours déposés par d'autres associations récemment dissoutes par le gouvernement, tels Baraka City ou le CCIF, le Collectif contre l'Islamophobie en France, tous deux dissous cet hiver, car Gérald Darmanin les jugeait trop proches de l'islam radical. Le CCIF vient de déposer son recours devant le Conseil d'État, il y a quelques jours seulement.