Elle n’est, on s’y attendait, pas présente au procès. Son âge - 92 ans-, son état de santé ne le permettent pas. Et pourtant, Liliane Bettencourt est partout. Dans le dossier d’instruction, bien sûr, puisqu’il est question de l’abus de faiblesse dont elle aurait été victime. Mais aussi dans la bouche de chaque personne, ou presque, qui défile à la barre.

La semaine dernière la fille et les petits-fils de la milliardaire ont raconté ses confusions, mais aussi les retrouvailles familiales : « elle est aujourd'hui sereine », assure sa famille.

Et puis surtout, il y a François-Marie Banier qui, si l’on en croit ses déclarations à la barre, n’a fait qu’obéir à la volonté de fer de Liliane Bettencourt. « Elle a eu envie de vivre à travers moi certaines choses. » explique-t-il. Puis, au sujet des tableaux de maître qu’elle lui offre : « Madame Bettencourt m’a dit : « ces tableaux sont notre chemin artistique. Ce que je vous donne c’est notre histoire à vous et moi ». Ou encore : « ce qu’elle a aimé chez moi c’est ce goût de faire ». Puis plus tard, la milliardaire l’aurait mis en garde : « vous serez attaqué par ma fille dans un procès de succession. Prenez un avocat ! »

Le principal prévenu de l’affaire ose même : « pourquoi j’ai fraudé le fisc ? Parce que Liliane m’a demandé d’aller avec elle en Suisse pour me donner de l’argent ».

Bref, Liliane est partout et nulle part à la fois. Sauf peut-être aujourd’hui. Car sa voix devrait résonner dans la vieille salle d’audience. Le tribunal s’apprête à revoir les interviews télévisées accordées par l’héritière de L’Oréal. C’était en 2010.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.