L’information avait filtré avant son témoignage. Laurence Gratton, entendue par la cour ce matin est celle qui se cache derrière le pseudo @caprouille sur le réseau social Twitter. D’ailleurs, elle avait elle-même évoqué, via Twitter, sa prochaine audition par la cour d’assises des mineurs.

Alors, une fois la déposition spontanée de Laurence Gratton achevée. Une fois que cette petite brune ait raconté comment elle, et son mari à l’époque, a accueilli Cherif Delay, puis ses frères Dimitri et Jonathan. Comment elle assisté, impuissante, aux manifestations de la souffrance du jeune homme. Comment elle a été réveillée par « les terreurs nocturnes de Cherif. » « A 2 heures du matin, il hurlait : Dupond-Moretti va me dévorer !, raconte-t-elle avec conviction. Comment, elle tentait de le dissuader d’aller se venger sur un acquitté : « Ne gâche pas ta vie à essayer de tuer cette ordure. Il t’a déjà bousillé une fois, ne va pas passer toute ta vie en taule ».

Une fois ce témoignage livré, place aux questions.

Alors avant toute chose, l’avocat de Jonathan Delay, Me Patrice Reviron veut mettre les choses au point :

« On est bien d’accord que sur Internet vous avez un discours particulièrement militant. J’ai lu certaines des choses où on invective des gens, des avocats, des journalistes. On dit des choses sur lesquelles franchement, je ne peux pas vous rejoindre. »

Pas vraiment déstabilisée, du moins en apparence, la témoin rétorque :

« Je suis venue ici pour témoigner en tant que Laurence Gratton qui a hébergé les enfants Delay par pour parler de mon militantisme sur Internet en tant que @caprouille. »

Sauf que, lui rappelle plus tard, l’avocat de la défense Me Vigier, en tant que témoin vous avez prêté le serment de « parler sans haine et sans crainte ».

Sans crainte, ça semble être le cas. Sans haine, beaucoup moins.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.