Les parents de Vincent Lambert ont renoncé définitivement à s'opposer à l'arrêt des soins lundi 8 juillet. Le CHU de Reims a lancé il y a six jours le début de l'arrêt des traitements de ce patient tétraplégique et dans un état végétatif depuis 2008 à cause d'un accident de la route. Ses jours sont comptés.

Entrée du CHU de Reims où est traité Vincent Lambert
Entrée du CHU de Reims où est traité Vincent Lambert © Radio France / Eric Damaggio

"La mort de Vincent est désormais inéluctable", écrivent les parents de Vincent Lambert dans un courrier ce lundi. Opposants à l'arrêt des soins de leur fils dans un état végétatif depuis un accident de voiture en 2008, Pierre et Viviane Lambert ainsi que David et Anne Lambert, frère et sœur de Vincent, renoncent à tout nouveau recours après des années de combat judiciaire. Le CHU de Reims a engagé mardi 2 juillet l'arrêt de l'hydratation et de la nutrition par sonde du patient et entamé une "sédation profonde et continue".

"Cette fois, c’est terminé" assurent les parents de Vincent Lambert

"Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d’ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l’ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain. Il n’y a plus rien à faire sinon prier et accompagner notre cher Vincent, dans la dignité et le recueillement." La décision permettant l'arrêt des traitements délivrée par la Cour de cassation le 28 juin restera donc comme la dernière étape judiciaire avant la mort de Vincent Lambert. 

La procédure d'arrêt des traitements entre totalement dans le cadre de la loi Claeys-Léonetti de 2016. "L'obstination déraisonnable" a été reconnue, en ce sens que Vincent Lambert était maintenu artificiellement en vie par une hydratation et une alimentation artificielle qui sont des traitements et non des soins.

Le collectif "Je soutiens Vincent", contre l'arrêt des traitements, avait programmé un rassemblement ce lundi à Paris en fin d'après-midi. Il a finalement annulé la manifestation. Laissant place à une "veillée de recueillement mercredi soir".

Le "soulagement" de François Lambert

François Lambert, neveu de Vincent
François Lambert, neveu de Vincent © Radio France / Eric Damaggio

Après avoir pris connaissance de la lettre des parents de Vincent Lambert, François son neveu, historiquement pour l'arrêt des soins, est allé dire adieu à son oncle. "C'est plutôt un soulagement. À partir du moment où on sait que le processus est irréversible, autant aller le plus vite possible. Il suffoque, il est tout blanc... On a beau se dire qu'il ne souffre pas, c'est toujours problématique de voir un corps qui dépérit petit à petit."

C'est pourquoi François veut continuer à s'engager sur la problématique de la fin de vie en France après la mort de Vincent Lambert. Pour améliorer la loi sur la fin de vie qui n'a pas empêché six ans de combat judiciaire. "Je continuerai jusqu'à ce que ce qui s'est passé pour Vincent serve à quelque chose. Dès qu'il y aura des proches qui seront défavorables à un arrêt des traitements, le médecin reculera, pour qu'il n'y ait pas une nouvelle affaire Vincent Lambert. C'est là la vraie jurisprudence : même si vous avez des directives anticipées, le médecin peut reculer. Et la loi encourage ça, en disant qu'il n'y a pas de problème. Il y avait un problème avec Vincent Lambert. C'était quelque chose d'assez inhumain qui n'aurait jamais dû arriver comme ça."

D'après François Lambert, ainsi que six des frères et sœurs de Vincent Lambert et son épouse Rachel, Vincent Lambert leur avait confié qu'il préférait mourir plutôt que "vivre comme un légume". Mais il n'a jamais écrit de directive anticipée. 

Une "sage décision" pour Marie

Marie Lambert, sœur cadette de Vincent s'est dite "surprise" et a salué "une sage décision" de la part de ses parents. "J'ai du mal à y croire après leurs années de combat judiciaire", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Quand elle a appris la publication de la lettre de ses parents, Marie Lambert venait de s'entretenir avec Vincent Sanchez, chef du service de soins palliatifs et de l'unité des cérébrolésés du CHU de Reims. Ce dernier lui a certifié que "Vincent ne souffre pas"

"Nous sommes dans la dernière étape du processus. Les effets de la déshydratation se font désormais ressentir mais nous ne savons pas combien de jours cela va prendre", a déclaré Marie Lambert.

La mort de Vincent Lambert devrait survenir environ une semaine après l'arrêt des traitements, stoppés mardi dernier. La mort sera due à une défaillance des organes non alimentés.

Les dates clés de l'affaire Vincent Lambert
Les dates clés de l'affaire Vincent Lambert © Visactu
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