Les parents de la petite fille dont le corps martyrisé avait été découvert en août 1987 sur l'A10 dans le Loir-et-Cher, sont présentés ce jeudi à un juge d'instruction de Blois. Les deux parents ont été identifiés 31 ans après la découverte du corps.Des prélèvements d'ADN ont permis à l'enquête d'aboutir.

Photo prise en 2012 de la tombe de la petite fille non identifiée retrouvée en 1987 sur l'A10
Photo prise en 2012 de la tombe de la petite fille non identifiée retrouvée en 1987 sur l'A10 © AFP / Alain JOCARD

L'énigme du corps martyrisé d'une fillette découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10 est en passe d'être résolue avec l'identification et le placement en garde à vue de ses parents par la section de recherches de la gendarmerie d'Orléans. 

Le cadavre mutilé, retrouvé enveloppé dans une couverture, portait des traces de brûlures au fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, selon les médecins légistes. La fillette était vêtue d'une robe de chambre à carreaux par-dessus son pyjama.

L'ADN d'un frère a donné la clé du mystère

Selon nos informations, la fillette se prénomme Inass et est issue d'une famille de sept enfants originaires du Maroc. Les enquêteurs l'ont identifiée grâce à un prélèvement ADN sur l'un de ses frères, arrêté en 2016 dans le cadre d'une affaire de violence.

Après comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), une correspondance de parentèle a été révélée avec des traces ADN sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de l'enfant lors de sa découverte le 11 août 1987 dans un fossé de l'autoroute à Suèvres (Loir-et-Cher) par deux employés de l'autoroute. 

Face aux enquêteurs, des parents aux attitudes divergentes

Grâce à cet ADN, les enquêteurs ont ainsi pu identifier les parents, un couple de sexagénaires qui vivent séparément depuis 2010. Ils ont notamment recoupé les données de la caisse d'allocations familiales pour déterminer qu'un enfant du couple n'était plus recensé. Des perquisitions dans l'Aisne et en Seine-Saint-Denis ont été réalisées au moment de l'interpellation. Le père est domicilié à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, et la mère à Villers-Cotterêts, dans l'Aisne. Les parents ont été placés ce mardi en garde à vue à la gendarmerie d'Orléans pour meurtre, recel de cadavre, violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans. Ils seront présentés ce jeudi à un juge d'instruction à Blois en vue de leur mise en examen. Selon nos informations, le père reconnaît des maltraitances sur l'enfant. La mère reste mutique. 

L'enquête ne s'est jamais arrêtée

Personne n'a jamais signalé la disparition de cette enfant, et toutes les tentatives menées pour l'identifier n'avaient rien donné pendant toutes ces années. Un nouvel appel à témoin avait même été lancé par la justice en 2012.

A l'époque de la découverte du corps, la gendarmerie avait organisé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France. 

Près de 65 000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6 000 médecins et assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à la jeune victime. Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics. 

Le procureur de l'époque Etienne Daures déclarait pourtant 

J'ai bon espoir de pouvoir donner un nom à la fillette

Une tombe anonyme

La petite victime avait été enterrée anonymement au cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher) proche des lieux de la découverte du corps.  Sa tombe est régulièrement fleurie par les habitants de la commune où elle repose. Sur le monument funéraire est gravée une simple inscription : "Ici repose un ange".

Le procureur de la république de Blois Frédéric Chevallier donnera une conférence de presse dans l'après-midi.

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