estrosi se défend de chercher à concurrencer le fn sur les roms
estrosi se défend de chercher à concurrencer le fn sur les roms © reuters

Séverine Teissier, porte-parole et fondatrice d’Anticor, vient d’être mise en examen par un juge du Tribunal de grande instance de Nice après une plainte pour diffamation du maire de la ville Christian Estrosi.

Tout commence au mois de mai dernier quand Séverine Teissier s’exprime dans Nice Matin sur les emprunts toxiques contractés par la ville. Elle se montre sceptique sur la renégociation de ces prêts, suggérant plutôt de les annuler. Elle vise aussi le financement du nouveau stade de Nice-Allianz-Rivera, craignant des “surcoûts” d’emprunts qui pourraient incomber à la collectivité.

Ce n’est pas la première fois qu' Anticor met en doute la gestion de la ville. En janvier dernier, l’association avait remis une plainte pour détournement de fonds publics. Elle a été récemment classée sans suite.

La réponse du maire de Nice arrive trois mois plus tard, le 26 août. Christian Estrosi, par le biais de son avocat, porte plainte pour “diffamation publique envers un citoyen chargé d’un mandat public”. Selon Me Philippe Blanchetier, “les propos querellés imputent clairement au maire de Nice d’avoir sciemment souscrit des emprunts structurés ou toxiques” et de “ne pas avoir fait le nécessaire pour les dénoncer en temps et en heure”. Toujours selon la plainte, l'élu aurait "souscrit un nouvel emprunt [...] présenté sous forme allusive ou dubitative comme exposant la collectivité [...] à des risques importants" et donc qu'il "serait à l'origine de gaspillage".

Selon Me Karsenti, avocat de Séverine Teissier,

On est sur un débat d'opinion, il n'y a là rien d'attentatoire

L’avocat a donc décidé d’interjeter appel et annonce qu’il va déposer plainte "prochainement" pour "dénonciation calomnieuse".

En novembre dernier, Anticor et les opposants du député-maire UMP de Nice avaient déjà vivement critiqué Christian Estrosi après le vote d’une délibération permettant d’attaquer en justice ceux qui diffuseraient des informations jugées mensongères sur les finances de la ville. Ils avaient alors fustigé une grave atteinte au débat démocratique.

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