Alors qu'il devait se présenter pour la première fois ce vendredi devant les juges, l'audition d'Alexandre Benalla a finalement été reportée : une annulation de dernière minute provoquée par le changement de sa défense. Ce proche d'Emmanuel Macron est accusé d'avoir malmené des manifestants le 1er mai dernier à Paris.

Alexandre Benalla devant la commission des Lois du Sénat, le 19 septembre 2018
Alexandre Benalla devant la commission des Lois du Sénat, le 19 septembre 2018 © Maxppp / Alexis Sciard

L'audition de l'ex-collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla par les trois juges chargés de l'affaire qui porte désormais son nom, initialement prévue vendredi, a été reportée, a annoncé l'un de ses nouveaux avocats, Me Jacqueline Laffont.

France Inter révelait la semaine dernière que le grand ténor du barreau, maître Dupond-Moretti avait été approché par Alexandre Benalla. C'est finalement le couple Pierre Haïk-Jacqueline Laffont, qui reprend le flambeau de la défense pour l'ex-"Musclor" de l'Elysée, avec Audrey Gadot. Le couple Haïk-Laffont, redoutable en procédure, a défendu des hommes de pouvoir comme Nicolas Sarkozy, Serge Dassault ou un bras droit de Jacques Chirac.

Laurent-Franck Liénard souhaite "beaucoup de courage" à Alexandre Benalla

Les deux avocats remplacent désormais Laurent-Franck Liénard, qui a annoncé mercredi soir qu'il n'était plus l'avocat de l'ancien chargé de mission, accusé d'avoir malmené des manifestants le 1er mai à Paris en se mêlant à des CRS.  Laurent-Franck Liénard était l'avocat d'Alexandre Benalla depuis des années, il l'avait déjà conseillé dans une  affaire de différend familial, et des liens très forts semblaient exister entre les deux hommes. Mais maître Liénard, qui est aussi un avocat historique de policiers, vient de jeter l'éponge dans cette affaire d'État, et l'a annoncé sur Facebook : 

Défense acrobatique

Sa défense semblait très acrobatique depuis cet été, surtout pilotée par des communicants, bien au-delà des portes d'un cabinet d'avocat. Maître Liénard avait été plusieurs fois contredit dans ses déclarations. Il y a deux semaines par exemple, quand il affirmait publiquement qu'Alexandre Benalla ne se rendrait pas devant la commission d'enquête sénatoriale. Quelques heures plus tard, Benalla annonçait l'inverse, et se disait "contraint" d'y aller. Sans que l'on ne sache d'ailleurs qui l'avait contraint. 

Le jour de l'audition face aux sénateurs, Alexandre Benalla est même venu sans avocat, alors qu'il en avait deux, maîtres Liénard, donc, et la très discrète Audrey Gadot. 

Rendez-vous crucial

Cette audition, la première sur le fond, reste un rendez-vous crucial pour la défense d'Alexandre Benalla. L'enquête des juges se concentre sur les violences du 1er-Mai et la fuite d'images de vidéosurveillance de la Préfecture de police, dans la foulée des révélations du Monde le 18 juillet. Ce jour-là, le quotidien avait publié des images montrant Alexandre Benalla et un employé de La République en Marche, Vincent Crase, en train de rudoyer un couple sur la place de la Contrescarpe, lors d'un rassemblement de manifestants du 1er-Mai qui avait dégénéré dans le quartier Latin.

Le 22 juillet, après deux jours de garde à vue à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), le jeune homme de 27 ans est ressorti avec une mise en examen. Il est accusé de "violences en réunion", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".

Selfie à l'arme de poing

Parallèlement, mardi, le parquet de Poitiers a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire après la publication par Mediapart d'un selfie montrant Alexandre Benalla une arme à la main dans un restaurant de Poitiers en avril 2017. A cette époque, l'ancien chargé de mission de l'Elysée n'était pas titulaire d'un permis de port d'arme en bonne et due forme.

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