Une femme policière
Une femme policière © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

INFO FRANCE INTER - Elle est l'une des huit premières femmes à être entrée chez les CRS au sein d'un escadron en 2010. Elle est la première à porter plainte pour harcèlement moral contre l'un de ses supérieurs. Témoignage...

Inès (son nom a été changé) refuse très vite les blagues graveleuses quand elle en est victime alors on passe très vite aux insultes sexistes et racistes sur ses origines maghrébines jusqu'à cette scène il y a deux ans. En plein cours d'instruction, elle est assise. L'un de ses supérieurs est debout devant elle :

Cette personne me harcelait quotidiennement : c'était des rumeurs balancées aux collègues sans fondement avec des détails en plus. Je ne sais pas comment on peut aller jusqu'à cet extrême là. Quand il est encore venu à la charge en me disant : "Tu as une tâche auprès de l'oeil", je lui dis : "non, c'est toi qui a la tâche auprès de l'oeil." C'est là qu'il m'a fait sa simulation de masturbation. De par ma fonction, j'ai repoussé cette personne.

Ce sera considéré comme une faute pour Inès, comme une très mauvaise blague pour le policier CRS. Les recours en interne n'ont rien donné d'où cette plainte au pénal deux ans après les faits contre un CRS dont le casque qui a été saisi portait un insigne nazi. Béatrice Dubreuil est l'avocate qui suit ce dossier depuis deux ans :

C'est absolument inadmissible. Ce que j'ai pu constater, c'est que l'on sanctionne les personnes qui sont victimes. Je suis extrêmement choquée de ça.

Un CRS et deux autres femmes CRS ont déposé un écrit pour constituer le dossier de plainte. Ces témoignages édifiants, que nous avons pu consulter, confirment les discriminations, le harcèlement quotidien qu'une minorité de CRS inflige à leurs collègues.

La policière est soutenue par l'association SOS- fonctionnaires victimes. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire.

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