Lorsqu’il entre en détention, Daniel Legrand a 20 ans. Et c’est le choc.

David Ringot, surveillant de la prison de Loos à l’époque, raconte : « la seule chose qui le traumatisait était son incarcération et celle de son père car il clamait toujours son innocence »

David Ringot, veste claire sur chemise blanche, cheveux courts, raconte en visioconférence comment il a recueilli les confidences de Daniel Legrand.

On est alors en décembre 2001, cela fait un mois que le jeune homme est incarcéré. « C’était un jeune homme correct, l’incarcération lui faisait beaucoup de mal ainsi que celle de son père », se souvient le surveillant pénitentiaire quatorze ans après.

Puis vient cette audition chez le juge d’instruction. Daniel Legrand n’a toujours pas revu sa famille depuis son arrestation, en prison, il est à l’isolement. Quand il rentre à la maison d’arrêt de Loos, David Ringot l’accompagne : « j’ai le souvenir qu’il avait besoin de communiquer avec quelqu’un. »

Alors Daniel Legrand se confie.

« Il m’a expliqué qu’il avait raconté des bêtises au juge Burgaud concernant le meurtre d’une petite fille », témoigne David Ringot. « Il m’a déclaré qu’il avait dit cela pour se défendre et inventé tout cela pour embêter le juge Burgaud. Il en voulait énormément au juge. »

Car, dans sa tête, Daniel Legrand se dit qu’en inventant quelque chose, il démontrera que l’ensemble des accusations portées contre lui sont infondées.

La preuve par l’absurde, en somme. Mais la suite ne s’est pas déroulée comme Daniel Legrand l’avait imaginé.

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