C’est LA grande mission de sécurité publique du quinquennat Macron. Remettre de l’ordre dans 30 quartiers sensibles à travers tout le territoire, avec de nouvelles stratégies et des renforts humains.

Gérard Collomb et Emmanuel Macron à l'Élysée en août 2018
Gérard Collomb et Emmanuel Macron à l'Élysée en août 2018 © AFP / Michel Euler

De Marseille à Nouméa, de Toulouse à Lyon ou encore Lille, d'Aulnay-sous-Bois à Sevran, ce sont toutes des ZSP, les "zones de sécurité prioritaire" de Manuel Valls, où l'État n'a pas pu endiguer certains trafics et/ou replis identitaires. Depuis quelques jours, les premiers renforts sortis d'école de police sont arrivés. Ils seront 300 d’ici décembre, et doivent permettre une réorganisation profonde de certains commissariats, et plus d’agents sur le terrain aux heures où il y en a vraiment besoin.

Gérard Collomb s’est rendu lundi soir aux Tarterêts à Corbeil-Essonne, pour un premier aperçu des mesures prises localement. Une commune où le ministre de l'Intérieur devait aussi lancer mardi après-midi l’opération "Quartiers de reconquête républicaine".

Trafics de drogue et replis identitaires ciblés en priorité

Cela fait plus de six mois que les préfets, commissaires et maires des quartiers concernés négocient et cherchent des solutions pour être enfin capables de ne plus rien lâcher sur tout ce qui détruit l'idée de République : l’argent de la drogue et l’intégrisme religieux en premier lieu. Selon l’entourage du ministre de l’Intérieur, les objectifs sont très clairs.

Pour les trafics de drogue, c’est l’exemple marseillais qui est privilégié, avec la police judiciaire pour coordonner et multiplier des opérations après un à deux mois d’enquête. Lille a déjà créé une petite force d’intervention de douze policiers spécialisés, des agents remplacés à leurs postes par les renforts attendus, comme à Lyon également.

Pour le repli communautaire, il y aura un soutien aux enseignants, aux maires et aux bailleurs sociaux quand il le faudra. Là encore, l’idée est d’être bien plus réactif, pour ne pas mobiliser uniquement des policiers mais tous les services de l’État.

Des évaluations indépendantes

L’efficacité des mesures, qui variera forcément d’un quartier à l’autre, sera évaluée par un "LAB", un laboratoire composé de plusieurs chercheurs spécialisés sur la sécurité publique, mais aussi via des micro-sondages gérés par l’université de Savoie. "On se donne six mois pour voir ce qui marche ou pas", explique un proche du ministre de l'Intérieur. Un conseiller spécial a été nommé pour suivre en permanence les différentes missions.

À noter que Grenoble, qui ne faisait pas partie de l’opération "Quartiers de reconquête" au départ, fera l'objet d’un plan spécial dans les semaines à venir, au vu de la dégradation de la situation dans certains de ses quartiers.

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