Selon le rapport rendu ce mercredi à Marlène Schiappa, la ministre déléguée à la citoyenneté, la France abriterait environ 500 petits groupes sectaires et 140 000 personnes seraient touchées. Environ 40% des signalements concernent des questions de santé ou de bien-être.

Toutes les classes sociales sont concernées par la dérive sectaire, mais les femmes, plus souvent en situation de précarité ou victimes de prédations sexuelles, sont particulièrement touchées
Toutes les classes sociales sont concernées par la dérive sectaire, mais les femmes, plus souvent en situation de précarité ou victimes de prédations sexuelles, sont particulièrement touchées © Getty / Juanmonino

On est loin des grandes sectes qu'on a connu comme le Temple Solaire. Celles qui prospèrent aujourd'hui sont surtout de petites entités, beaucoup tournent autour du domaine de la santé et du bien-être, des secteurs économiquement porteurs. Des coachings à 100 000 euros, des thérapies de développement personnel ou encore des régimes drastiques... c'est LA grande tendance qui se dégage depuis quelques années. Ces pratiques représentent 40% des 3 000 signalements pour dérives sectaires en 2020 (contre 2.800 en 2019), dont 700 ont été évalués comme sérieux.

La crise sanitaire liée au Covid-19 profite aux sectes

Le rapport, réalisé par des enquêteurs de la police, de la gendarmerie et la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) fait état, par exemple, de stages de jeûne extrême de 21 jours au bout desquels il serait possible de se nourrir exclusivement d'air et de lumière. En France, ces pratiques ont fait l'objet de trois signalements, à l'étranger une dizaine de personnes en sont mortes. Le rapport évoque aussi des prédateurs sexuels, qui se présentent comme des guérisseurs ou coach de vie mettant en avant les médecine traditionnelles.  

En revanche, les signalements baissent – mais sont toujours présents 0150 pour les sectes traditionnelles type Témoins de Jéhovah. Pour Pascale Duval, de l'Union nationale de défense des victimes de sectes, ce glissement s'explique par la diffusion de la doctrine New Age. Une théorie du début du vingtième siècle, selon laquelle il faut se préparer individuellement pour changer l'humanité. D'où l'accent mis sur le bien-être, le culte de soi…

Tous les âges et toutes les classes sociales sont concernés

Cette doctrine est à la base d'une grande majorité des dérives sectaires actuelles. Le rapport le montre : les petites structures de moins de 50 individus sont de plus en plus nombreuses et surtout, les gourous sont devenus des experts du marketing numérique, vidéos youtube, live instagram. On peut être endoctriné seul, depuis chez soi.

Le risque sectaire concerne également les mineurs, et depuis peu, les personnes âgées.

Enfin, les experts s’inquiètent de l'emprise et l'endoctrinement de proches constaté avec l'arrivée en France du mouvement QAnon il y a deux ans, mouvement basé sur des informations erronées et manipulées sur l'actualité.

La dérive sectaire concerne 140 000 personnes, principalement des femmes et des habitants de départements ruraux. 90 000 enfants et adolescents sont concernés, indique Marlène Schiappa, la ministre déléguée à la Citoyenneté. Toutes les classes sociales sont concernées, mais les femmes, "plus souvent en situation de précarité ou victimes de prédations sexuelles, sont particulièrement touchées".
 

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