A travers toute la France, 720 membres des forces de l'ordre sont à la recherche de Cherif Chekatt, 29 ans, auteur présumé de l'attentat de Strasbourg qui a fait trois morts et 13 blessés dont cinq graves.

720 membres des forces de l'ordre sont à la recherche de  Cherif Chekatt
720 membres des forces de l'ordre sont à la recherche de Cherif Chekatt © AFP / Patrick HERTZOG

 Une opération de police a été menée ce jeudi après-midi dans le quartier du Neudorf à Strasbourg.

Opération de police en cours au Neudorf à Strasbourg jeudi après-midi
Opération de police en cours au Neudorf à Strasbourg jeudi après-midi © Maxppp / RONALD WITTEK/EPA/Newscom/MaxPPP

Les enfants d'une école ont été confinés à l'intérieur de l'établissement avec leurs enseignants.  L'opération de police s'est terminée vers 17 heures. 

Plus de 700 membres des forces de l'ordre sur l'enquête

Plus d'une d'une centaine d'agents de la police judiciaire sont chargés d'étudier le moindre indice relevé sur le parcours meurtrier du nouvel ennemi public numéro 1. 

On sait que plusieurs équipes du Raid, du GIGN et des brigades de recherche et d'intervention se tiennent prêtes également dans la région de Strasbourg pour éventuellement donner l'assaut par exemple dans une planque où   Cherif Chekatt  pourrait se cacher.

Des équipes d’enquêteurs ont également été constituées pour traiter l'appel à témoin déclenché mercredi soir par la Direction générale de la Police Nationale. Cela n'avait pas été fait en matière de terrorisme depuis la traque de Salah Abdeslam en novembre 2015, après les attentats de Saint-Denis et Paris.

Dans ce genre de traque, les enquêteurs fonctionnent  en cercles concentriques à partir des lieux fréquentés par le braqueur multirécidiviste radicalisé devenu terroriste. 

Ils s'intéressent évidemment aussi aux appels qu'il a reçus avant son passage à l'acte, notamment un appel reçu d'Allemagne. On a pensé mardi soir qu'il avait pu justement s'enfuir en Allemagne avec la voiture de sa mère mais la piste a finalement été écartée. 

Appel à témoins

La première partie de la traque, celle des premières heures si essentielles, a échoué. Les enquêteurs ont donc lancé un appel à témoins, diffusé largement et présentant une photo de Chekatt.

Lancer un appel à témoins a deux objectifs : mettre la pression sur le tireur présumé de Strasbourg. Et s'il décide de sortir de sa planque, obtenir des signalements et des renseignements différents de ceux que les services de police et de gendarmerie traitent depuis mardi. 

C'est une deuxième phase de la traque qui a débuté hier soir, après une série de perquisitions qui n'ont pas permis de tomber sur Cherif Chekatt.

C'est maintenant le traitement de tous les indices relevés, ses appels téléphoniques, savoir s'il avait plusieurs téléphones, d'éventuels complices qui n'apparaissaient pas dans les radars de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure et du Renseignement territorial et qui auraient pu le prendre en voiture mardi soir vers 21 heures. 

Est-ce que Cherif Chekatt est resté dans ce quartier du Neudorf  qu'il connait comme sa poche, ou est-ce qu'il avait déjà prévu un repli ailleurs dans la région ? Voila ce que les enquêteurs cherchent à savoir aujourd'hui. Est-ce qu'il a été récupéré en voiture mardi soir par un ou une complice ? Auquel cas il pourrait être loin de Strasbourg. 

L'objectif est de remonter le parcours du suspect notamment avec l'analyse de la vidéo surveillance des rues. 

Le résultat de ces auditions pourrait être également déterminant dans l'issue de cette chasse à l'homme.

Une partie de la famille et des proches interpellés

Ses parents et deux de ses frères ont été arrêtés le soir même de l'attentat. Aucun n'est fiché S, mais cela va permettre de les entendre sur les connaissances du suspect, et comparer leurs dires avec les éléments accumulés depuis deux ans par les services de renseignements qui ont surveillé, écouté, mené des filatures qui jusque-là n'avaient pas permis de soupçonner un passage à l'acte terroriste. 

On sait qu'un troisième frère, Sami, 34 ans, qui lui est connu pour sa fréquentation des milieux salafistes strasbourgeois, fiché S également, intrigue les enquêteurs et les services de police allemands. 

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