Elle rêvait de paillettes et de mener grand train. Patricia Dagorn, 57 ans, comparaît ce lundi devant les assises des Alpes-Maritimes, accusée d'empoisonnement avec préméditation de quatre hommes âgés, suivi de mort pour deux d'entre eux.

Le procès de Patricia Dagorn, 57 ans, surnommée "la Veuve noire de la Côte d'Azur", débute ce lundi
Le procès de Patricia Dagorn, 57 ans, surnommée "la Veuve noire de la Côte d'Azur", débute ce lundi © AFP / Hervé Hugues

Celle qu'on surnomme "la Veuve noire de la Côte d'Azur" a déjà été condamnée le 23 avril 2013 à cinq ans de prison ferme pour vol, escroquerie et séquestration d'un professeur d'économie à la retraite, vivant à Annemasse en Haute-Savoie.

En mai 2012, Patricia, en quête d'un toit, aborde le retraité. Alors âgé de 88 ans et veuf, il accepte de l'accueillir dans son appartement de 80 m² en échange de rapports sexuels. Au bout de trois jours de vie commune, la quinquagénaire tente de lui extorquer 215 000 euros en lui faisant signer des papiers. Affaibli car drogué au valium, l'homme refuse, tombe de son lit et se blesse. Il sera pris en charge par les secours, alertés par sa fille restée 24 heures sans nouvelles.

Une toile tissée autour de vieux messieurs

Cette affaire permet aux enquêteurs de faire le lien avec deux morts suspectes non élucidées du côté de Nice, remontant à 2011 : celle de deux hommes âgés. Le premier, 85 ans, est retrouvé mort dans sa baignoire. Le même jour, un chèque de 21 000 euros provenant du compte du défunt est encaissé par Patricia Dagorn. L'autre victime, un SDF de 66 ans, est découverte inanimée dans un hôtel, des traces d'alcool et de valium dans le sang.

Au total, Patricia Dagorn aurait approché une vingtaine d'hommes sur la Côte d'Azur de 2011 à 2012, principalement par le biais d'une agence matrimoniale. Deux d'entre eux se sont portés parties civiles et devraient témoigner au procès. Malgré tout, l'accusée "conteste l'intégralité des faits reprochés, même les vols", indique Me Georges Rimondi, son avocat qui plaidera l'acquittement. "Elle a hâte de pouvoir s'expliquer", assure son second avocat Me Cédric Huissoud.

Une victime riche, une sans le sou

L'argent semble être le mobile de ces meurtres en série. Dans l'émission "Sept à huit" sur TF1, l'un des fils de Patricia, Guilhem, en mauvais termes avec sa mère, y croit dur comme fer : "L'argent, c'est une obsession qu'elle a depuis que je la connais." Selon lui, il n'était pas question d'amour dans ces relations. Toujours dans la même émission, Me Cédric Huissoud dément tout appât du gain, affirmant que sa cliente voulait monter une affaire commerciale avec la première victime, ce qui expliquerait le chèque de 21 000 euros, et que la seconde victime n'avait pas un sou.

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