christine lagarde convoquée par la justice fin mai dans l'affaire tapie
christine lagarde convoquée par la justice fin mai dans l'affaire tapie © reuters

La Cour de justice de la République (CJR) a entamé aujourd'hui l'audition de Christine Lagarde. L'actuelle patronne du FMI doit s'expliquer sur son rôle dans l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie, qui pourrait lui valoir une mise en examen embarrassante.

L'audition de la directrice générale du Fonds monétaire international, à l'issue de laquelle elle sera soit mise en examen, soit placée sous statut de témoin assisté, pourrait se poursuivre jusqu'à vendredi, dit son avocat, Me Yves Repiquet.

Christine Lagarde s'était montrée sereine à la mi-avril face à cette convocation devant la seule juridiction habilitée à juger d'anciens ministres pour des faits commis dans le cadre de leurs fonctions, en l'occurrence lorsqu'elle dirigeait Bercy.

"Il n'y a rien de nouveau sous le soleil", avait-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Washington. "Je serai très heureuse de me rendre quelques jours à Paris, mais ça ne changera rien à la concentration, l'attention, et l'enthousiasme que je porte à mon travail", avait-elle ajouté.

Le Conseil d'administration du FMI adopte la même attitude, soulignant que l'ancienne ministre de l'Economie n'a pas tiré personnellement profit de l'arbitrage privé choisi pour régler le litige judiciaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais.

L'Élysée dans l'embarras

Christine Lagarde avait choisi en 2007 de solder par un arbitrage privé un litige judiciaire concernant la revente en 1993, par le Crédit Lyonnais, d'Adidas, contrôlé par Bernard Tapie. Ce dernier s'estimait floué par la banque.

Christine Lagarde est désormais en première ligne. Les explications de Sara Ghibaudo.

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Le grand journal de 8h - DCT Lagarde 8h

Le Canard enchaîné a publié des extraits du réquisitoire de la CJR, un document qu'il qualifie de "sans pitié".

"De l'ensemble de ces décisions systématiquement défavorables aux intérêts (...) de l'Etat résultent des indices graves et concordants faisant présumer que, sous l'apparente régularité d'une procédure d'arbitrage, se dissimule en réalité une action concertée en vue d'octroyer aux époux Tapie (...) les sommes qu'ils n'avaient pu jusqu'alors obtenir" de la justice, écrirait ainsi le procureur.

La directrice générale du FMI, dont le domicile a été perquisitionné fin mars, dément toute malversation.

Et même si elle a été nommé par un prédécesseur de François Hollande, la situation embarasse à l'Élysée... Marc Fauvelle.

58 sec

P 7h Lagarde vue de l'Elysée

En cas de mise en examen de la directrice générale du FMI, Bercy envisage un recours en révision contre l'arbitrage controversé, indique au Monde Pierre Moscovici. "Si une atteinte aux intérêts de l'Etat est avérée, alors Bercy se constituera partie civile" dans le volet non ministériel du dossier, dit-il par ailleurs.

Lagarde Rapie, infographie
Lagarde Rapie, infographie © IDE
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