Hommages devant la salle du Bataclan après les attentats
Hommages devant la salle du Bataclan après les attentats © Radio France / Olivier Bénis

Les membres de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de Paris et Saint-Denis étaient ce jeudi matin au Bataclan. Ils voulaient mieux comprendre la chronologie des faits.

Les abords de la salle de concert parisienne ont été bouclés à partir de 9h30. L’opération a duré jusqu'en fin de matinée ce jeudi. Les députés de la commission ont reconstitué le déroulé des événements aux côtés des hommes de la BRI et du Raid.

Le reportage de Géraldine Hallot.

Il ne s’agissait pas d’une reconstitution au sens judiciaire du terme. Il n’y a eu ni figurants, ni mannequins, ni armes factices.

Ce travail d'enquête sur le terrain complète les auditions que nous menons à l'Assemblée Nationale . Guillaume Larrivé, député LR

Le député Les Républicains Guillaume Larrivé est membre de la commission d'enquête parlementaire. Il explique le but de ce déplacement in situ .

Les membres de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre voulaient se faire une idée du déroulé des faits, visualiser "les endroits par lesquels les terroristes sont passés, ou encore les conditions d'intervention des forces de sécurité et des secours ".

Les proches des victimes choqués

Nadine Ribet-Reinhart a perdu son fils de 26 ans, Valentin, lors de l'attaque du Bataclan. Présente ce jeudi matin devant la salle de spectacle, elle a dénoncé "une parodie scandaleuse " de justice. "On se réveille un matin et on découvre qu'il va y avoir une reconstitution. Elle n'était pas annoncée ", s'est agacée Nadine Ribet-Reinhart. "Nous ne savons toujours pas à quelle heure nos enfants sont décédés. On ne sait pas quand les secours sont arrivés. On a besoin d'information pour savoir, pour comprendre ".

Le président de la commission parlementaire, Georges Fenech, lui a assuré que les députés travaillaient pour les victimes, pour faire toute la lumière sur ces événements, précisant qu'il ne s'agissait pas d'une reconstitution, même si le procureur de la République de Paris a été informé de ce déplacement.

Les forces de l'ordre sont-elles intervenues trop tard ?

Lors de cette matinée, les députés sont revenus, entre autres, sur le choix de lancer l’assaut final plus de deux heures et demie après le début de l’attaque. Cela avait retardé l’arrivée des premiers secours. Des parlementaires avaient avoué se poser des questions sur ce délai d'intervention, qui avait pu donné l'impression d'avoir laissé se poursuivre un massacre méthodique en sachant qu'il ne s'agissait pas d'une prise d'otages. Les membres de la commission parlementaire ont toutefois expliqué, après l'audition des responsables des unités d'élite, avoir appris que l'essentiel des victimes avaient été tuées avant l'arrivée des policiers.

Ce point a été soulevé en commission de lutte contre le terrorisme ce mercredi. Le patron des sapeurs-pompiers de Paris et le chef du Samu ont expliqué que lors de ce genre d’événement, une "zone d’exclusion " se met en place. Les équipes de secours ne peuvent la franchir sous peine de se mettre elles-mêmes en danger.

Ca ressemble à un soldat blessé entre deux tranchées lors de la guerre de 1914-18. Vous savez qu’il est là, qu’il va mal, mais pour autant, est-ce qu’on peut se permettre le luxe de risquer la vie de deux ou trois personnes ? C’est compliqué . Philippe Boutinaud, chef des sapeurs-pompiers de Paris.

La question de l’intervention des secours est fondamentale lors d’attentat, notamment quand des armes de type Kalachnikov sont utilisées. En effet, les trois quarts des personnes blessées par balle d’un fusil d’assaut vont mourir dans la première demi-heure. Ce qui amène les parlementaires à poser la question de la formation des équipes de secours aux terrains dangereux. Une unité d’élite pourrait être créée, mais ce n’est qu’un projet car cela est très compliqué à mettre en place.

La commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre est composée de 22 députés. Lancée fin janvier, elle doit rendre ses conclusions avant cet été. Les attentats de Paris et Saint-Denis ont fait 130 morts, dont 90 personnes ont été tuées dans l'attaque du Bataclan.

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