Ils sont de ces couples dont on dit que les contraires s’attirent. François-Marie Banier, 67 ans, le visage simiesque, souvent souriant. Les emportements fréquents, les grossièretés écrites dans ses carnets intimes.

Et puis Martin D’Orgeval, 41 ans. Plus taiseux. Grand, élancé, les yeux mangés par des lunettes à grosses montures noires. Lui est beaucoup plus discrets à la barre. Pas un mot plus haut que l’autre. Il raconte : « avec Liliane – qui le tutoie, mais pas l’inverse - on avait beaucoup échangé à propos des tableaux. Un jour de décembre 2006, je reçois par son chauffeur un mot manuscrit qui me dit : Me Normand va te contacter. Je t’offre le Marx Ernst et le Arp, qui est pour toi un ami … »

L’historien de l’art, spécialiste de Arp, se dit très surpris : « je ne la voyais pas décrocher deux tableaux de sa chambre ». Puis, « rassuré », quand il apprend qu’il s’agit d’une donation en nue-propriété : « j’ai un peu reconnu l’esprit de Liliane. J’ai compris qu’on allait partager cette complicité. »

Et le neveu de Pascal Greggory de poursuivre. Toujours aussi calme. Le ton égal et bien élevé. François-Marie Banier et lui avaient décidé de commencer une collection de photographies anciennes. Ils achètent aux enchères trois clichés de Cuvelier. « Liliane m’a dit : je te les offre ». Montant : 564 000 euros. Un chèque signé par celle chez qui il n’a « jamais vu de passage à vide. »

Viendra ensuite la modification du testament : François-Marie Banier devient légataire universel. En cas de décès, c’est lui, Martin D’Orgeval qui hériterait de la milliardaire.

« Je l’ai appris par la presse », explique le plus jeune des prévenus à la barre. « Monsieur Banier ne l’a pas évoqué avec vous ? » interroge le président.

Il s’émeut : « je n’ai jamais parlé d’un testament à qui que ce soit, même à ma propre mère. » On vous le disait : un garçon bien élevé.

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