L'ancien champion de boxe Christophe Dettinger était jugé mercredi pour des violences commises contre des gendarmes le 5 janvier 2019 à Paris, lors du huitième week-end de mobilisation des "gilets jaunes". Le parquet avait requis une peine de deux ans de prison. Il a été condamné à un an de prison en semi-liberté.

Le ministère public a requis trois ans de prison dont un avec sursis et mise à l'épreuve à l'encontre de l'ancien boxeur professionnel
Le ministère public a requis trois ans de prison dont un avec sursis et mise à l'épreuve à l'encontre de l'ancien boxeur professionnel © Radio France / Thibault Lefevre

Tout au long de son procès, Christophe Dettinger a tenté de faire amende honorable. "J’ai fait une grosse erreur, je regrette", répète-t-il à plusieurs reprises, devant une salle d’audience pleine à craquer. "En voulant empêcher une injustice, j’en ai créé une autre", lâche l’ancien champion de boxe au crâne rasé et à la fine moustache, en chemise blanche sous un gilet gris pâle.

"Colère extrême"

Pour comprendre ce qui s’est passé ce samedi 5 janvier, lors du passage des "gilets jaunes" sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor à Paris, le tribunal visionne une série de vidéos. "Au vu des images, il n’y avait aucune obligation pour les manifestants de forcer le passage", observe la présidente. "Madame, pour moi, ils nous ont parqués, ils nous ont gazés. Ensuite tout est allé très vite… ", explique Christophe Dettinger, qui, s’il n’était "pas venu pour en découdre", raconte avoir été gagné par une "colère extrême" en voyant une femme à terre "matraquée" par un gendarme. 

Un seul des deux gendarmes blessés était présent

Un murmure parcourt la salle quand repassent les images - pourtant désormais familières - des coups que le boxeur porte alors à deux gendarmes. Seul l’un est présent, l’autre est en rééducation. "Il a toujours du mal à marcher", détaille son jeune collègue. "Tout de suite on m’a catalogué", regrette Christophe Dettinger. "On m’a traité de gitan, de casseur, d’extrême, de lyncheur de flic. Je ne suis pas cette personne- là. Je sais que les vidéos sont très choquantes. Je m’en veux terriblement".

Mais ses remords n’ont pas convaincu le procureur, qui affirme deviner chez lui ce jour-là, un sentiment de "toute puissance". "Il est en première ligne, il est extrêmement virulent, il invective, serre les poings", décrit le représentant du ministère public, qui requiert à l’encontre du prévenu deux ans de prison ferme.

Casier vierge

Les trois avocats de la défense ont appelé à prendre en compte le contexte, insistant sur le casier vierge de leur client, décrit comme "un homme bien", "travailleur". Condamné à 30 mois d’emprisonnement dont 18 mois avec un sursis avec mise à l’épreuve, Christophe Dettinger bénéficiera, sur ordre du tribunal, d’un régime de semi-liberté lui permettant de travailler la journée mais l’obligeant à passer ses nuits en prison. Il a également interdiction de se rendre à Paris pendant six mois

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