Brûlée et pillée le 16 mars, en marge de la mobilisation parisienne des Gilets jaunes, la brasserie Le Fouquet's rouvre ce dimanche, "restaurée à l'identique". Si des personnes qui ont volé des objets dans le restaurant ont été appréhendées, celles qui ont mis le feu à l'établissement n'ont pas été retrouvées.

Après les dégradations du Fouquet's et d'autres commerces des Champs-Élysées le 16 mars, Édouard Philippe avait dénoncé des actes "inacceptables".
Après les dégradations du Fouquet's et d'autres commerces des Champs-Élysées le 16 mars, Édouard Philippe avait dénoncé des actes "inacceptables". © AFP / Zakaria Abdelkafi

Un auvent rouge aux lettres d’or, grignoté par les flammes. Des vitres brisées. Les images du Fouquet’s, brûlé et pillé le 16 mars, lors de la mobilisation parisienne des Gilets jaunes ont été abondamment été relayées. Quatre mois plus tard, le restaurant où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire à la présidentielle en 2007 rouvre ses portes ce dimanche 14 juillet. L'enquête elle, se poursuit. En dépit de quelques interpellations pour vol ou recel, et malgré les importants moyens déployés, les auteurs de l'incendie n'ont à ce jour pas été arrêtés.

Un Isérois condamné à quatre mois de prison avec sursis pour recel

Jusqu’ici, une seule affaire a été jugée. Le 16 mars au soir, quelques heures après l’incendie du Fouquet’s, un homme apparaît au JT de TF1. Il tient dans ses bras une table de mixage qu’il vient de dérober, comme le rapporte le Dauphiné. "Au moins je serai venu à Paris et reparti avec quelque chose", explique-t-il devant la caméra. Même si son visage n’est pas filmé, l’homme est identifié grâce à sa parka aux couleurs d’une équipe de rallye automobile. Cet Isérois, figure des Gilets jaunes de son département, est interpellé le 16 avril et jugé en comparution immédiate à Paris pour "recel de vol". Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis. 

Un procès en octobre pour un vol de fourchettes, d’une salière et d’un tabouret

Le 21 mars, un couple est interpellé près de Tours, trahi par une publication Facebook. La jeune femme, 30 ans, aide-soignante, avait posté sur le réseau social des photos d’un tabouret et de couverts du Fouquet’s, attirant ainsi l’attention des gendarmes d’Indre-et-Loire. 

Après leur garde à vue, les deux Tourangeaux devaient être jugés en comparution immédiate à Paris. Ils sont finalement ressortis libres du tribunal, en raison de nullités de procédure. Le prévenu n’avait pas pu prendre son traitement contre la narcolepsie et s’endormait dans le box. 

Nouvelle tentative de procès le 9 mai dernier. Sauf qu’en raison d’un nouveau problème de procédure, le procès a été renvoyé au 11 octobre. 

"Surinvestissement judiciaire"

Au micro de France Inter, Arié Alimi, avocat du couple dénonce le "surinvestissement judiciaire" occasionné par cette affaire. "Je n’ai jamais vu autant d’énergie dépensée pour trois fourchettes dans un dossier de vol. C’est ridicule!". Et de renchérir :

On cherche à détourner l’attention pour faire oublier l’inaction, voire de l’incompétence du ministère public à trouver les auteurs des véritables dégradations.

De fait, l’enquête ouverte pour "dégradations volontaires en réunion au moyen d’incendie" et confiée au 1er DPJ est "toujours en cours", fait-on savoir de source judiciaire. Malgré les importants moyens policiers mobilisés sur l'affaire, aucune interpellation n’a eu lieu, selon cette même source, qui se refuse à tout autre commentaire.

"Peut-être qu'ils n'ont pas envie de savoir que ce sont les policiers qui, avec leurs grenades lacrymogènes, ont mis le feu au Fouquet's", avance l'avocat, relayant ainsi une théorie largement partagée au sein des Gilets jaunes, pourtant contredite par l'analyse des vidéos effectuées par plusieurs médias et comptes Twitter spécialisés dans la traque des "fake news". 

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