Dans tout procès d’assises, on voit défiler à la barre les enquêteurs en charge de l’affaire. Les juges d’instruction, c’est plus rare.

Le juge d'instruction de l'affaire Kabou à la barre
Le juge d'instruction de l'affaire Kabou à la barre © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Très même, si l’on en croit Hervé Vlamynck qui s’est chargé de l’affaire : “un juge d’instruction convié à venir expliquer son travail devant une cour d’assises, c’est extrêmement rare. En tout cas, ça l’est pour moi …”

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Rare, et pas facile. Car si c’est la défense de Fabienne Kabou qui l’a fait citer à la barre, l’avocat général se frotte les mains. Quand vient son tour, Luc Frémiot attaque : “il y a des choses qui me déconcertent un peu dans le dossier …”

Ces “choses”, c’est l’évocation de la “sorcellerie” dont Fabienne Kabou se dit victime et explique ainsi son geste meurtrier. “Pourquoi brusquement vous allez orienter l’interrogatoire sur cet aspect?”, interroge l’avocat général. Pour Luc Frémiot, invoquer la sorcellerie n’est qu’une stratégie de défense de la part de Fabienne Kabou. Mais le juge d’instruction, ancien policier et parquetier martèle : “moi, la sorcellerie, ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ma problématique, c’est la psychiatrie”.

Me Fabienne Roy-Nansion, avocate de Fabienne Kabou,  à l'audience
Me Fabienne Roy-Nansion, avocate de Fabienne Kabou, à l'audience © Radio France / Hakim Akhenak/ ESA

Car, il l’a précisé avant. A la moitié de l’interrogatoire de Fabienne Kabou - qui a duré plus de dix heures et laissé tout le monde épuisé, a rappelé son avocate Me Fabienne Roy-Nansion - le juge d’instruction avait suffisamment d’éléments : “je savais qu’elle allait se retrouver ici”. Manquent le pourquoi et la question de la santé mentale de Fabienne Kabou. “J’ai tout vérifié”, se justifie Hervé Vlamynck, pressé cette fois par les questions des parties civiles sur ses méthodes d’interrogatoire. Et il n’a rien trouvé “pour objectiver la thèse de la sorcellerie.”

Mais le juge d’instruction défend pied à pied son travail. En homme de droit. Humblement, il explique : “en tant qu’homme, on peut être manipulé. Mais il faut vérifier.”

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