Anne à la barre par Othilie Pournain
Anne à la barre par Othilie Pournain © Esba TALM - Angers

Ils sont nombreux, très nombreux à défiler devant la cour d’assises.

Des médecins. Anesthésistes-réanimateus, urgentistes, spécialistes des soins palliatifs, cancérologue, chercheurs. Ils ne partagent pas vraiment la même vie. Mais ils partagent au moins une chose, outre leur serment : leur désarroi face à la fin de vie. Que faire ? Quelles sont les bonnes pratiques? Et surtout, que prévoit la loi?

Entre les murs de la cour d’assises du Maine-et-Loire, on a entendu autant de réponses que de médecins venus témoigner à la barre.

Il y a Thierry qui explique mettre en place régulièrement des sédations avant d’en informer les familles : “on a tous envie que le médecin s’occupe en priorité de nous et pas de notre famille.” Thierry, “chrétien”, qui s’inquiète de la loi sur la sédation profonde et continue qui vient d’être adoptée à l’Assemblée. Pour lui, c’est une euthanasie qui ne dit pas son nom : “j’espère qu’il y aura une clause de conscience parce que moi, je ne la ferai pas”. Thierry qui confie : “après l’affaire, je me suis retrouvé pendant 40 minutes à essayer de réanimer un patient qui était déjà mort parce que je ne savais plus quoi faire, où était la loi.”

Thierry à la barre par Thomas Mélandre
Thierry à la barre par Thomas Mélandre © Esba TALM - Angers

Il y a Vincent pour qui “l’acte de sédation, qui va arrêter la vie relationnelle, ne peut pas être pris seul”. Régis pour qui “décider seul serait arbitraire”. Il y a Anne, ancienne urgentiste aujourd’hui en soins palliatifs : “en général, je fais intervenir l’infirmière. Des fois, je la protège. Aux urgences, vous avez des infirmières qui tournent, qui ne sont pas formées.”

Il y a Thomas pour qui : “le curare est utile dans une fin de vie. De temps à autres, il est nécessaire de supprimer certains manifestations de souffrance.”

Il y a Jean qui a parfois “appuyé sur la seringue”.

Il y a Kamran, Dominique, Marie-Pierre qui confient, eux encore, leur volonté de faire au mieux et leur manière d’agir dans le souci de la loi.

Et puis, il y a Nicolas Bonnemaison. Qui, dans le box des accusés, attend le verdict de la cour d’assises.

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