Pierre Mongin
Pierre Mongin © IP3 PRESS/MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Pierre Mongin et Nicolas Bazire ont été mis en examen jeudi pour détournement de fonds publics dans le cadre de l'enquête sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995.

Pierre Mongin, qui était chef de cabinet d'Edouard Balladur à l'époque des faits, a annoncé qu'il déposerait un recours contre cette mise en examen. Son avocat Me Olivier Baratelli s'est exprimé :

Pierre Mongin, dont la probité professionnelle à la RATP et la probité personnelle n'est absolument pas mise en cause dans cette affaire, conteste cette mise en examen qu'il juge à la fois illégale et infondée. Illégale car la qualification de détournement de fonds publics n'est pas possible au regard de la loi de 1946 qui était en vigueur il y a 18 ans, et infondée parce qu'elle repose sur un faux témoignage.

Bazire une nouvelle fois mis en examen

Nicolas Bazire
Nicolas Bazire © © Christophe Morin / IP3 / © Christophe Morin / IP3

Le numéro deux du groupe LVMH, Nicolas Bazire, qui était directeur de la campagne d'Edouard Balladur, a également été entendu jeudi par les juges du pôle financier. Déjà mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux" et "recel d'abus de biens sociaux" dans le volet principal de l'affaire Karachi, il l'a cette fois été pour "complicité de détournement de fonds publics", selon une source judiciaire.

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger le Loire, chargés du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi, qui a tué onze Français au Pakistan en 2002, ont obtenu mi-juillet un réquisitoire supplétif pour enquêter sur d'éventuels "détournements de fonds publics" lors de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Ils soupçonnent en effet un détournement des fonds spéciaux de Matignon pour alimenter cette campagne à la suite du témoignage, dans ce sens, de l'ancien trésorier de campagne d'Edouard Balladur, René Galy-Dejean.

Après une plainte de son client, une enquête pour faux témoignage est en cours sur les propos de René Galy-Dejean, a rappelé jeudi l'avocat de Pierre Mongin. Outre ce financement occulte via des fonds publics, les juges soupçonnent l'équipe de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole, d'avoir bénéficié de "rétrocommissions" issues de ventes d'armes.

L'homme d'affaires Ziad Takieddine a affirmé aux magistrats avoir reversé à des proches de l'ancien Premier ministre une partie des sommes perçues en marge de la vente, fin 1994, de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie saoudite.

Il a réitéré ses accusations les 5 et 8 juillet lors de confrontations avec deux proches d'Edouard Balladur durant la campagne, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget de 1993 à 1995.

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