Si son confrère, Me Yves Baudelot a été calme et pédagogique, lui se veut plutôt lyrique et emphatique. La plaidoirie de Me Jean-David Boerner, débute sur la morale pour s’achever sur une moralité. Extraits choisis.

La morale dans ce dossier n’est pas absente. Au Nord, on parle de sexe, au Sud on parle d’argent. Mais nous savons que vous allez être le juge du Droit.

Pascal Wilhelm c’est un homme qui est le fils d’une famille modeste, de commerçants de Nogent-sur-Marne et qui depuis le début a cherché à s’élever. Qu’avait-il comme atouts ? Très peu. Les atouts de son sérieux, de son travail, ses valeurs, sa force de caractère, la force donnée par sa famille, sa femme. Tout cela ne peut pas laisser un tribunal insensible. On a jalousé Pascal Wilhelm parce qu’il allait défendre Liliane Bettencourt.

(…) Mais il a fallu réparer l’image de la famille Bettencourt-Schueller qui a été sérieusement écornée par des années de fraude fiscale. A qui demande-t-on de réparer ces outrages ? On demande à Pascal Wilhelm. Et il le fait avec une ardeur sans commune mesure. Va-t-il le faire dans son intérêt ? Certes non, c’est dans l’intérêt exclusif de Mme Bettencourt qu’il va travailler.

Que fait Pascal Wilhelm dans ce contexte d’incendie familial ? Et bien, il se dresse, il est en fait le petit pompier dans cette affaire. Pascal Wilhelm va faire le ménage après les enregistrements livrés à la presse. Ce travail de reconstruction, Pascal Wilhelm l’a fait avec un désir soutenu de réconcilier Mme Bettencourt avec sa fille.

(…) On essaie de comprendre pourquoi Pascal Wilhelm est présent aujourd’hui devant votre tribunal correctionnel. Nous sommes loin de l’infraction pénale d’abus de faiblesse.

Droit dans ses bottes, il vient travailler, fait son boulot de conseil. Il réussit à éteindre le feu, à arrêter l’ouragan fiscal. N’oublions pas que nous sommes en présence d’une fraudeuse fiscale depuis des années ! Et qu’est-ce qu’il fait Pascal Wilhelm ? Il prend sa canne, son chapeau et il régularise.

(…) A aucun moment, Pascal Wilhelm ne peut se voir reprocher d’avoir bénéficié des largesses de Mme Bettencourt. Il n’y a pas un cadeau. Il n’y a pas un cadeau qui a été fait à son épouse, pas un cadeau qui a été fait à ses enfants. Vous ne croyez pas qu’il était le mieux placé pour se faire couvrir d’or ?

(…) J’aurais envie de terminer sur la moralité du petit Poucet de Charles Perrault : on le méprise, on le raille, on le pille parfois. Cependant c’est ce petit marmot qui fera le bonheur de toute la famille.

► ► ► DOSSIER |Suivez l'audience en direct, comprenez les enjeux du procès

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.