Le maire de Levallois-Perret et de sa femme sont accusés d'avoir dissimulé plusieurs millions d'euros au fisc, via une structure complexe de blanchiment

Le parquet national financier a demandé leur renvoi du couple Balkany et de leur fils Alexandre devant le tribunal correctionnel
Le parquet national financier a demandé leur renvoi du couple Balkany et de leur fils Alexandre devant le tribunal correctionnel © AFP / Miguel Médina

Sept ans d'enquête ont mis au jour l'existence "d'un important patrimoine immobilier dissimulé à l'administration fiscale" acquis par le biais d’une structure complexe de blanchiment impliquant sept sociétés off-shore basées au Lichtenstein, à Panama et aux Seychelles. La dernière ayant été montée "alors même que l'information judiciaire était ouverte depuis un mois" écrit le parquet national financier, "ce qui démontre un comportement réitéré d'échapper à l'impôt."

Ces sociétés off-shoreauraient permis au Maire de Levallois-Perret de dissimuler au total 13 millions d'euros au fisc depuis 2007, alors que le couple ne déclarait aux impôts que 110 à 120 000 euros de revenus par an.

L'argent provenait entre autre de sociétés du BTP, "des personnes en relations d'affaires avec la mairie de Levallois-Perret" avec qui la municipalité signait des marchés pour des gros projets immobiliers dans la commune. Ces "fonds ont servi à acheter, transformer et administrer des propriétés et à assurer le train de vie des époux qui se sont réservés la qualité de 'premiers bénéficiaires' en prévoyant sa transmission, à leur décès, à leurs enfants".

Parmi ces biens immobiliers, il y a la villa "Pamplemousse" à Saint-Martin aux Antilles (acquise pour 3 millions et demi d'euros) et un riad à Marrakech, des propriétés qui ont depuis été saisies par la justice.

Devant les juges, Patrick et Isabelle Balkany ont nié l'ensemble des escroqueries révélées par l'enquête et, pour certaines, confirmées par Didier Schuller, l'ancien bras-droit de Patrick Balkany à la mairie de Levallois-Perret, devenu son rival depuis. Schuller avait déclaré au juge avoir déposé lors de plusieurs voyages en avion privé, entre 7 et 10 millions d'euros en espèce sur un compte de Patrick Balkany ouvert en Suisse, entre 1987 et 1994. C'est maintenant au juge d'instruction de dire s'il souhaite renvoyer le couple devant le tribunal correctionnel, notamment pour fraude fiscale aggravée.

Le parquet national financier demande également que soient jugés l'homme d'affaire saoudien Mohammed Al Jaber, Jean-Pierre Aubry, un collaborateur de Patrick Balkany, et son avocat, Maître Arnaud Claude (l'associé de l'ancien président Nicolas Sarkozy). Le PNF demande également un procès pour Alexandre, le fils du couple Balkany. Tous les quatre sont soupçonnés d'avoir participé au montage financier de l'achat du riad de Marrakech.

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